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Le diaporama

 

Comment réaliser un diaporama?

Par Gabriel Mermet-Bouvier {nomultithumb}

 


Écriture du scénario.
Sélection des images.
Projection critique de l'ensemble du montage.
Mise au point de chaque séquence.
Enregistrement d'une première synchronisation.
Confection de la bande sonore.
Enregistrement de la synchronisation définitive.
Finalisation : mise sous verre et numérotation des diapositives.


"La démarche que vais décrire ici verra sans doute quelques détracteurs car cette dernière est basée sur une grande rigueur. Je sais que certains diaporamistes préfèrent procéder au "feeling" en construisant leurs montages par tâtonnements successifs. Néanmoins je persiste à considérer que le diaporama nécessite une certaine construction méthodique. En effet, lors de l'élaboration d'un montage on constate que l'on se pose toujours les mêmes questions, alors pourquoi ne pas organiser les choses une bonne fois pour toutes afin de ne rien oublier à chaque fois. On a l'impression qu'une démarche méthodique est une perte de temps, au départ certes, mais on s'aperçoit très vite qu'en fait par la suite on gagne du temps et de la qualité. Et puis, entre nous, la rigueur ne gomme ni la créativité ni le sens artistique de l'auteur.
Une chose importante avant de commencer, les problèmes techniques sont volontairement occultés afin de nous concentrer uniquement sur la démarche. Seuls quelques conseils techniques sont formulés afin de faciliter la compréhension du sujet."

Gabriel Mermet-Bouvier
www.vivelediaporama.com

ECRITURE DU SCENARIO

Le diaporama

Le diaporama est une école de rigueur. L'écriture du scénario est une étape essentielle dans la réalisation d'un montage.

Il existe plusieurs façons de procéder toutes aussi valables les unes que les autres. Aussi vais-je vous livrer ma méthode qui n'est pas révolutionnaire mais qui a le mérite de fonctionner, et cela me permettra de vous montrer le cheminement qui va de l'idée jusqu'à la rédaction du synopsis.

Voici le plan de ce long sujet :

 

L'idée.
De l'idée au synopsis.
Les séquences.
Les transitions.
La chute.
L'écriture du texte.
Le choix des musiques.
Les bruitages.
Le synopsis
Le synopsis à travers Sy(P).

Néanmoins je vous recommande la lecture de ce sujet d'un bout à l'autre, car tout s'enchaîne logiquement.

L'idée

Avant de se lancer dans l'écriture du scénario, il est bien évident qu'il faut avoir l'idée de son montage. Surtout, ne commencez rien tant que cette idée n'est pas complètement mûre dans votre esprit. Ici deux démarches sont possibles : soit on souhaite élaborer un montage à partir d'images déjà réalisées, c'est le cas d'un diaporama de voyage par exemple, soit on élabore un montage de fiction où tout est à faire. Dans ce deuxième cas, il convient déjà de penser aux images qui seront nécessaires, et surtout de savoir si ces dernières sont réalisables.

Ne brusquez pas les choses, quelquefois l'idée a beaucoup de mal à se concrétiser, dans ce cas pas d'affolement, laissez faire le temps, vous verrez, subitement, tout deviendra limpide comme par magie. Si certaines idées paraissent très simples, l'acte de création est un long parcours souvent semé d'embûches. Nul n'est besoin d'avoir chaque fois une idée géniale que personne n'a jamais eue, car une idée géniale mal réalisée ne fonctionnera pas. Par contre une idée plus simpliste bien réalisée, où vous aurez mis toute votre sensibilité et tout votre savoir faire touchera beaucoup plus le public. Car, c'est bien le public qui est visé, ne l'oubliez surtout pas.

Pour ma part à ce stade j'écris beaucoup, cela facilite ma compréhension du sujet et sert de support à ma réflexion. N'hésitez pas à vous remettre en cause, commencez déjà à prendre des avis. Si vous sentez que cela ne fonctionnera pas, n'insistez pas.

N'oubliez pas que le langage diaporamique n'est pas un langage littéraire. C'est de l'audiovisuel très court, ce qui implique que le texte, l'image et la musique doivent être très complémentaires pour tout exprimer. Donc, nul besoin d'un long développement, synthétisez vos idées par le texte et l'image. Certes, ce n'est pas simple, mais c'est dans cette difficulté que réside tout l'intérêt de la créativité diaporamique.

De l'idée au synopsis

Maintenant que l'idée est bien en place il convient de penser au minutage général, à savoir que le temps maximum accepté dans les festivals est de 12 minutes en général. Hé oui, il ne s'agit pas d'un film mais bien d'un montage créatif court. Pensez à l'évolution de votre montage dans le temps ainsi qu'au rythme général que vous souhaitez lui donner.

A ce stade il convient de découper votre montage en séquences cohérentes.

Les séquences

L'élaboration du synopsis commence par le découpage en séquences. Moment crucial dans la construction de votre montage.

Une séquence est une partie du montage qui présente une unité qui peut être visuelle, émotionnelle, sonore... de toute façon cohérente avec le thème général du montage. A ce stade ne vous préoccupez pas trop de la durée de chaque séquence, cela s'affinera par la suite, attachez vous uniquement à la recherche et au classement de toutes les séquences.

N'hésitez pas à réaliser une maquette d'une séquence précise si vous avez un doute sur son impact ou sur certains fondus. Dans la mesure où vous avez déjà les images évidemment.

Les transitions

Maintenant il convient de vous posez un certain nombre de questions au sujet du passage d'une séquence à l'autre :

Est ce que le passage sera brutal ou bien en douceur ?
Se fera-t-il à l'aide du texte ou bien par un changement de musique ?
Se fera-t-il par l'intermédiaire d'une image choc (à l'aide d'un cut) ou bien par un fondu lent au niveau de l'image et du son ?

Il n'est pas forcément utile de "téléphoner" le changement de séquence, tout peut se passer subtilement, en douceur. Pour ma part, je n'apprécie guère que l'on me guide dans la lecture d'un diaporama. Un montage où la structuration est trop marquée a beaucoup moins d'impact qu'un montage où tout est suggéré en finesse et où le passage d'une séquence à l'autre se fait discrètement dans une logique implacable. Le spectateur est grand, et surtout, il a l'habitude de l'audiovisuel maintenant.

Tout ceci pour dire qu'il est très important que les transitions soient réussies et que le travail de ces dernières est indispensable.

La chute

Quelle chute souhaitez vous donner à votre montage ? Difficile, car la chute doit surprendre tout en ayant été préparée tout au long du montage.

Vos séquences sont elles suffisamment travaillées en fonction de cette chute ? Si vous avez le moindre doute il convient de retravailler immédiatement ces dernières.

Prenez garde aux fausses fins, l'auteur ne s'en doute pas toujours au moment de l'écriture, donc essayez de les débusquer dès à présent.

Voulez vous une chute brutale, logique, forte, douce ? A vous de répondre à ces questions. N'oubliez surtout pas qu'à l'issue de la projection de votre montage, c'est la chute qui sera présente dans l'esprit du spectateur. Une mauvaise chute peut complètement gommer les qualités d'un montage. J'ai vu trop de très bons montages massacrés par une mauvaise chute.

L'écriture du texte

Maintenant vos séquences sont en place et vous avez trouvé une bonne chute. Il est temps de passer à l'écriture du texte. Attention n'en faites pas des tonnes, il convient d'être rapide et percutant, comme nous l'avons vu un montage c'est court, même si vous dites un texte du début à la fin vous avez 12 minutes maximum. Pour ma part je n'aime guère les montages trop verbeux, il faut aussi laisser parler les images et la musique, et même les silences. Un silence peut parfois exprimer beaucoup de choses. Là je vais me mettre à dos une certaine école qui proscrit tout blanc dans un montage, entre nous, pourquoi fixer de telles règles ?

Donc synthétisez au maximum vos idées, certes l'exercice n'est pas simple. Pour ma part je développe beaucoup chaque séquence de texte pour être sûr de penser à tout dire, et puis je réalise la synthèse de l'idée générale qui se dégage de tout ce texte. Avec un peu d'habitude on y arrive très bien. Pensez aussi que ce texte va être récité, donc il faut qu'il sonne bien et soit agréable à l'oreille. Faites une maquette d'enregistrement de votre texte en cas de doute, vous serez surpris, ce n'est pas pareil que sur le papier. Évitez les répétitions et les développements philosophiques, un diaporama n'est pas un livre, c'est du multimédia. Au cours de l'écriture n'oubliez pas qu'il y a les images, donc surtout ne les décrivez pas, car là, c'est aussi une forme de répétition. Ne dites pas tout, laissez travailler l'imagination du spectateur, laissez lui le temps de rêver.

Si vous n'avez pas de talent littéraire faites vous aider, le diaporama peut être aussi un travail d'équipe. Si vous faites partie d'un club c'est encore mieux car vous aurez les conseils et l'aide de vos collègues.

Votre montage peut être l'illustration d'un poème ou d'un texte littéraire, donc dans ce cas aucun problème pour l'écriture du texte. Par contre il vous faudra trouver un excellent récitant et là c'est moins simple...

S'il s'agit d'un reportage, le texte peut se résumer à une interview réalisée sur place, dans ce cas prenez garde à la qualité de l'enregistrement et veillez à la bonne égalisation des niveaux au moment du mixage sonore.

A ce stade vous êtes en mesure de faire une première estimation du minutage de chaque séquence.

Le choix des musiques

Ne pensez surtout pas que la musique doit être un simple fond sonore. Elle fait partie intégrante de l'écriture diaporamique, elle est là pour ponctuer les idées et les émotions que vous souhaitez faire passer.

Dans le cas d'une illustration de chanson, le problème du choix de la musique est réduit à sa plus simple expression, il s'agit de la même musique qui représente la totalité de la bande sonore. N'allez pas imaginer pour autant que ce type de montage soit un exercice aussi facile que cela. Par contre pour les autres types de montage, il convient d'effectuer le choix des musiques. Je dis bien des musiques, car je vous déconseille fortement d'utiliser le même morceau du début à la fin, à moins que votre montage se résume à une seule séquence, ce qui en réduit considérablement l'intérêt.

 

Les musiques devront correspondre à l'ambiance générale et au rythme du montage d'une part, et à l'ambiance et au rythme de chaque séquence d'autre part. Ce qui veut dire qu'il vous faut trouver une musique pour chaque séquence afin d'illustrer correctement votre oeuvre sans lasser le spectateur. Il n'est pas interdit de reprendre à la fin du montage la musique du début, cela dépend de la chute bien évidemment. Cette technique a pour effet de renforcer l'esprit général que vous avez voulu donner à votre montage.

Le moment est venu de choisir vos musiques, vous avez une idée du minutage de chaque séquence, il convient donc d'agir en conséquence. Il vous faut faire des recherches, écouter des heures de musique pour isoler la séquence musicale qui va bien. Certes, une bonne culture musicale aide beaucoup, mais tout le monde ne l'a pas forcément. Alors demandez des conseils à votre entourage, et là encore faire partie d'un club facilite grandement les choses.

Pour le choix des musiques il est difficile de vous livrer ici une recette miracle, seulement quelques conseils :

Évitez les morceaux trop connus, ils seront obligatoirement associés à un film, un clip vidéo, une émission de télévision... n'oubliez pas que nous vivons dans une époque multimédia.

Évitez les morceaux chantés dans la mesure où votre montage a beaucoup de texte, sauf dans un cas bien précis où cela est vraiment indispensable.

Pour un montage de voyage, évitez de mettre trop de musiques locales, cela va très vite lasser le spectateur. Et surtout assurez vous de la signification de ces musiques, il y aura toujours un petit malin qui en connaîtra la signification et n'hésitera pas à vous faire remarquer que vous êtes hors sujet si tel est le cas.

Prenez garde aux musiques d'ambiance, libres de droit, vendues à la Fnac ou autres. J'appelle cela des "musiques au mètre", très répétitives, qui vont rapidement fatiguer le spectateur et pas forcément bien illustrer votre séquence. Vous pouvez en utiliser, certes, mais avec beaucoup de parcimonie.

Pensez toujours aux transitions musicales entre deux séquences, c'est important car une transition musicale ratée peut nuire considérablement à la qualité de votre montage.

Une fois que vous avez trouvé les musiques, faites un essai, si vous avez la chance de posséder déjà les diapositives. On peut être certain que théoriquement cela va fonctionner, parfois pratiquement il en est bien autrement. Dans la mesure où vous n'avez pas encore les diapositives, le mieux est de trouver plusieurs musiques possibles pour chaque séquence. Vous ferez le choix définitif lorsque vous aurez réalisé vos précieuses images.

Les bruitages

L'adjonction de bruitages à la bande sonore s'avère nécessaire notamment dans le cas d'un montage de voyage, d'un reportage ou d'un documentaire. Dans ces cas cela apporte énormément à l'ambiance sonore en rendant votre montage beaucoup plus vivant.

Pour ce faire, deux solutions : soit vous enregistrez le son sur place à l'aide d'un bon enregistreur de poche. Aujourd'hui on trouve de très bons enregistreurs numériques assez abordables. Soit vous utilisez des disques de bruitages vendus dans le commerce. En effet, pour certains bruitages (mer, vent, feu...) les disques de bruitages seront bien meilleurs que du son enregistré sur place. Par contre pour une scène de rue, un spectacle folklorique, une fête par exemple, rien ne vaut un enregistrement pris sur le vif.

Ensuite pour intégrer les bruitages au sein de la bande sonore, ce sera un long et fastidieux travail de mixage, mais là c'est un autre sujet... Cependant il faut savoir qu'aujourd'hui les logiciels de montage sonore sur ordinateur facilitent considérablement cette opération.

Le synopsis

Maintenant la maturation de votre montage est achevée, il convient de rédiger précisément votre synopsis. Il s'agit de rédiger un document (eh oui encore du rédactionnel !). Sur ce dernier vous allez retrouver tous les éléments de votre montage audiovisuel.

Pour ma part j'utilise un tableau réalisé informatiquement à l'aide d'un tableur. Pourquoi un tableur ? Tout simplement afin que les calculs de timing soient réalisés automatiquement, à la main on a vite fait de se planter dans ce genre de calculs. Et puis aussi les modifications et ajouts sont grandement facilités de cette manière. C'est clair, aujourd'hui l'ordinateur est indispensable tout au long de la fabrication d'un diaporama. Ce tableau fonctionne aussi bien pour un montage argentique que pour un montage numérique. Ici on ne se pose pas encore la question du support.

Je vous propose un exemple du début d'un scénario imaginaire pour vous présenter ce tableau. Voici le descriptif de chacune des colonnes :

La colonne "N° Diapo" contient le numéro que vous indiquerez physiquement sur votre diapo en respectant la normalisation en la matière dans le cas d'un diaporama argentique. Cette normalisation est développée en détail au sein de l'article "pratique" "Numérotation des diapositives".
La colonne "Image" contient soit un descriptif littéraire de l'image, soit un croquis de cette dernière (si vous êtes doué en dessin), soit, plus luxueux, une imagette de votre photo.
La colonne "Type de transition" indique quelle transition à l'ouverture va être appliquée à cette image. Il convient de se limiter aux termes : fondu lent, fondu rapide, cut, fondu moyen, aller moyen, demi-aller moyen, retour rapide... Ces termes qualifient le mouvement à effectuer sur une commande manuelle à curseur dans le cas d'un montage argentique. Pour un montage numérique le nombre d'effets de transition étant plus important on indiquera clairement le nom de l'effet (volet horizontal, zoom, translation, ...).
La colonne "Durée cumulée" indique la durée de la transition additionnée au temps d'arrêt sur image.
La colonne "Temps écoulé" contient le temps écoulé depuis le début du montage. Cette indication vous sera très utile au moment de construire la bande sonore. En d'autres termes il s'agit du time-code de l'image.
La colonne "Texte" contient éventuellement le texte qui accompagnera cette diapo.
La colonne "Musique et/ou bruitage" indique le nom de la musique et/ou du bruitage associé à cette image.

 

N° Diapo

Image

Type de transition

Durée cumulée

Temps écoulé

Texte

Musique et/ou bruitage

0

Cut

4" 4" Musique 1 : Không Minh assis au balcon

1-3

Fondu moyen 7" 11" Musique 1

2

Demi-aller moyen 10" 21" Musique 1

1-3

Retour moyen 10" 31" Il est un pays né de l'eau et du riz, forgé dans la lutte et les combats. Musique 1

4

Fondu moyen 10" 41" Ce pays c'est le Vietnam, patrie des profondes forêts tropicales, Musique 1 + Bruitage d'un bateau à rames

5

Fondu lent 11" 52" des plages de rêve et des rizières brumeuses. Musique 1

6

Fondu lent 10" 1'02" Musique 1

7

Fondu rapide 6" 1'08" Petite fille de l'eau, raconte nous ton pays. Musique 1

8

Cut 6" 1'14" Musique 1

 

Maintenant vous êtes prêt à réaliser l'ensemble de votre montage sur la base de ce synopsis. Au fur et à mesure de l'élaboration vous allez y apporter quelques retouches en fonction d'impondérables impossibles à identifier au début. Votre montage va s'affiner par la suite, mais vous l'avez compris, il est impossible de construire correctement un montage sans ce travail préalable. A l'issue de la réalisation vous aurez un synopsis complètement bouclé que vous allez conserver précieusement, il vous sera utile en cas de sérieux problèmes au niveau de la bande son, et il servira aussi de référence pour d'autres futurs montages.

Le synopsis à travers Sy(P)

Pour les utilisateurs du logiciel PicturesToExe il existe un complément gratuit fort intéressant, il s'agit du logiciel Sy(P) qui permet d'écrire son montage numérique à travers un synopsis.
L'objet de Sy(P) est de permettre de visualiser, de modifier sous une forme synthétique les principaux paramètres d'un diaporama et aussi de les imprimer avec ou sans vignettes.
Sy(P) met en oeuvre différents outils dont une table lumineuse et un tableur, à partir desquels il est possible d'effectuer sur les images différentes opérations, individuellement ou globalement: ajouter de nouvelles images, en supprimer, en dupliquer, modifier leurs paramètres, et aussi les réordonner.

 

Ce logiciel travaille uniquement à partir d'un projet PicturesToExe existant, il convient donc de créer un projet sous PicturesToExe avec la première image de votre montage et vous pourrez ensuite saisir la totalité de votre montage sous Sy(P). Ceci vous permet d'avoir toujours une vision globale de votre montage et de travailler sous forme de synopsis ce que ne permet pas PicturesToExe. De plus vous pourrez imprimer proprement votre précieux synopsis. Travailler sur papier de temps en temps, ce n'est pas mal non plus.
Voici ce que donne notre extrait de montage exemple sous Sy(P) :

 

 

Malheureusement aujourd'hui Sy(P) ne permet pas d'associer des commentaires libres à une image, on ne retrouve donc pas nos colonnes "Texte" et "Musique et/ou bruitage".
Afin d'identifier nos différentes séquences musicales il suffit d'utiliser la fonctionnalité "bornes temporelles" de Sy(P). Ainsi on va poser une borne au début de chaque séquence, puis nous allons utiliser la fonction export de bornes temporelles vers Audacity qui est le logiciel d'assemblage sonore avec lequel s'interface Sy(P).
Ensuite au sein d'Audacity il suffit d'importer ces bornes temporelles, ainsi on aura l'indication temporelle précise pour assembler nos différentes séquences musicales.
Sy(P) contient bien d'autres fonctionnaliés, vous pouvez le télécharger gratuitement sur DiaporamaForum, c'est ici.

SELECTION DES IMAGES

Une fois que toutes les images sont réalisées, il convient de les sélectionner en les assemblant séquence par séquence sur la table lumineuse (argentique ou numérique). C'est ici que se passe l'essentiel de votre travail au niveau de l'image. Éliminez les photos de mauvaise qualité, soyez très exigent. Peut être allez vous trouver une image superbe mais, une fois placée sur la table lumineuse, vous vous apercevez qu'elle n'est pas dans la tonalité de la séquence, alors, n'hésitez pas à l'éliminer. Cet exercice est parfois cruel, il n'y a pas de doute.

Alignez vos images en respectant la similitude des couleurs, des formes et des lignes, et surtout recherchez la fameuse "troisième image". Travaillez séquence par séquence certes, mais n'oubliez pas les transitions d'une séquence à l'autre.

PROJECTION CRITIQUE

Une fois que toutes les images sont sélectionnées, dans le cas d'un montage argentique mettez le tout en paniers et procéder à une projection de la totalité du montage. Dans le cas d'un montage numérique procéder à la prévisualisation du diaporama. Ceci afin de vérifier la cohérence de l'ensemble, la qualité des images et des transitions. Pour l'instant ne vous préoccupez pas trop des effets de transition, attachez vous seulement à visualiser le tout avec un grand sens critique sans perdre de vue l'objectif de votre montage. Ce sens critique devra être présent tout au long de cette démarche, c'est très important. Appliquez les corrections si nécessaire.

MISE AU POINT DE CHAQUE SEQUENCE

Lorsque vous êtes satisfait de l'ensemble il convient de travailler chaque séquence. Il vous faut trouver le bon rythme de passage de chaque séquence, vérifier et régler les effets de transitions, puis chronométrer précisément le tout dans le cas d'un montage argentique. Pour un montage numérique vous travaillez directement en indiquant les temps d'arrêt sur image et les temps des effets de transition, donc inutile de chronométrer. A ce stade, si un fondu n'est pas satisfaisant, remettez le tout de suite en cause, car sur la table lumineuse il est quasiment impossible de juger de la qualité d'un fondu. Maintenant vous êtes en mesure de noter de manière quasi définitive le temps cumulé en regard de chaque image dans votre synopsis. En effet le temps noté au départ n'était qu'une approximation.

ENREGISTREMENT DE LA PREMIERE SYNCHRO

Cette étape ne concerne que le diaporama argentique car dans le cas d'un diaporama numérique on ne peut synchroniser que sur une bande son, or à ce stade notre bande son n'est pas encore réalisée. On peut à tout moment prévisualiser l'ensemble du montage et régler chaque paramètre de chaque image. Le but de cette étape étant d'obtenir une synchronisation "à vide" de l'ensemble du montage, nous l'avons automatiquement dans le cas d'un montage numérique. Il convient seulement de ne pas oublier de mettre à jour votre synopsis.

 

Pour un montage argentique, chaque séquence étant au point maintenant, il est temps d'effectuer une première synchronisation de l'ensemble en respectant scrupuleusement le timing indiqué dans votre synopsis, qui ne vous quitte plus. Si vous êtes l'heureux possesseur d'un synchronisateur numérique vous n'aurez aucun souci à ce niveau. Il vous suffira de saisir le timing évalué précédemment, difficile d'être plus précis. Par contre si vous possédez un synchronisateur analogique, c'est plus laborieux car il faut avoir un oeil sur l'écran, l'autre sur le chronomètre et un troisième sur le synopsis, pas évident tout ça... Et puis, si on se plante, et croyez moi on se plante, il faut tout recommencer depuis le début.

Ne paniquez pas il y a des solutions à ce problème. La première consiste à vous faire aider par un collègue. Ce dernier surveillera le synopsis et le chronomètre et vous donnera oralement les indications. Vous pourrez ainsi vous concentrer sur les fondus et anticiper chaque action sur la manette. Si vous êtes vraiment seul, une autre méthode consiste à enregistrer oralement les indications sur la piste 3 du support d'enregistrement. Pour ce faire à l'aide du chronomètre et du synopsis vous prononcez le mot "top" à chaque passage de vue, et pour chaque diapo vous indiquez le type de fondu tel que vous l'avez écris dans votre synopsis. Cet enregistrement préalable effectué, au moment de l'enregistrement de la synchronisation, il vous suffit d'écouter la piste 3 au casque en même temps que vous enregistrez la synchronisation sur la piste 4. Avec une bonne table de mixage, c'est très simple. Cette méthode fonctionne très bien en limitant considérablement les risques de plantage et d'erreur humaine de la première méthode.

Ensuite visionnez plusieurs fois le montage synchronisé, toujours avec votre fameux sens critique. Si vous n'êtes pas entièrement satisfait, recommencez l'opération. Il est inutile de laisser passer la moindre erreur, car si vous la voyez, vous ne verrez plus qu'elle par la suite d'une part, et d'autre part il y aura toujours un spectateur qui lui aussi la verra.

Une fois que vous êtes entièrement satisfait repassez le montage en reprenant exactement tous les temps à l'aide du chronomètre. En effet, au moment de l'enregistrement de la synchronisation il y a parfois des écarts. Mettez à jour le synopsis, c'est important pour la suite.

CONFECTION DE LA BANDE SONORE

Vous êtes maintenant en possession de tous les temps précis, vous pouvez commencer la bande sonore. Si vous aviez un choix à faire sur une ou plusieurs musiques, vous êtes maintenant en mesure de procéder aux choix définitif. Pour ce faire projetez la ou les séquences concernées avec toutes les possibilités musicales et déterminez la musique qui va bien, prenez votre temps, ce choix est parfois difficile.

Une fois que vous êtes convaincu du choix de toutes les musiques, confectionnez la bande musicale. A l'aide du synopsis vous avez le timing de chaque musique, et savez quel type de transition musicale vous devez appliquer à chaque séquence. Une bonne table de mixage ou un logiciel informatique de mixage sont indispensables pour réaliser un travail propre à ce niveau. Je vous conseille fortement de travailler le son en numérique car c'est beaucoup plus facile, de plus on obtient une précision très fine au niveau du timing, on n'a aucune surprise à la restitution. Et surtout on s'affranchit des problèmes de distension de la bande qui peuvent provoquer des écarts de timing importants sur un montage un peu long.

Si vous avez des commentaires et/ou des bruitages à insérer, le moment est venu de le faire. Je vous conseille de procéder à leur enregistrement sur autre support que celui de la bande musicale. Enregistrer tous les commentaires et/ou bruitages les uns à la suite des autres en les espaçant par un généreux blanc. Ensuite il convient de réaliser le mixage des deux bandes en insérant les commentaires et/ou bruitages en fonction du timing de votre synopsis. Prenez garde aux niveaux lors de cette insertion, là je n'ai pas de recette miracle, il vous faudra faire et refaire ce mixage plusieurs fois jusqu'à obtenir la bonne égalisation. Les commentaires doivent être très audibles avec une musique néanmoins présente, pas toujours simple. Pour ma part je note toutes les indications de mixage au sein d'un tableau. Ceci pour deux raisons, premièrement, c'est une sauvegarde des paramètres du mixage en cas de problèmes sérieux de la bande sonore (croyez moi ça arrive même aux personnes très organisées...). Et puis cela sert de référence pour les futurs montages, cela s'appelle la capitalisation de l'expérience.

Je vous propose donc le tableau suivant (basé sur exemple réel) :

 

Position

Niveau Musique

Niveau Insertion

34 s 4,5 8
2 m 06 s 7,5 à 4 9,5
4 m 08 s 7,5 à 4 9
5 m 50 s à 5m 58 s 7,5 7,5
7 m 26 s 7,5 à 4,5 9
8 m 06 s à 8 m 10 s 7,5 7,5
8 m 54 s 5 9
10 m 40 s 6 8

 

Pendant toute la durée du mixage : Master sur 7,5, sur les entrées 3 et 4 égaliseur Low à + 1,5.

La colonne "Position " indique le temps du début de l'insertion. Pour un bruitage on indique le point de départ et le point d'arrivée. Pour un commentaire on indique seulement le point de départ, car le point d'arrivée est signifié par le dernier mot du commentaire, que vous connaissez par coeur à ce stade de la réalisation.

La colonne "Niveau Musique" contient la valeur du volume de la musique au moment de l'insertion. Ce chiffre est propre à votre table de mixage, donc prenez ce tableau comme un exemple et non comme une référence. La notation xx à xx indique les valeurs de shuntage de la musique au cours de l'insertion.

La colonne "Niveau Insertion" indique la valeur à appliquer au volume du commentaire ou du bruitage au moment de l'insertion. Même remarque que précédemment au sujet de ce chiffre.

Le commentaire au bas du tableau indique quelques particularités propres au montage, ici la valeur du "master" pendant le mixage et le réglage de l'égaliseur sur les entrées 3 et 4. Je vous recommande de noter le maximum de choses au niveau de ce tableau, une table de mixage comporte beaucoup de réglages, et de plus on ne l'utilise pas tous les jours. Cela prend beaucoup de temps pour trouver les bons réglages, alors ces informations sont précieuses.

Voilà c'est très simple mais ça peut rapporter gros... Conservez précieusement ce tableau avec toute la documentation de votre montage. Libre à vous de créer votre propre documentation, encore une fois, ce que je vous livre ici, n'est qu'un exemple résultant de mon expérience personnelle.

ENREGISTREMENT DE LA SYNCHRO DEFINITIVE

Votre bande sonore est prête, il convient maintenant d'enregistrer la synchronisation définitive. En effet la première synchronisation avait pour unique but de déterminer le timing précis de chaque image afin de pouvoir élaborer la bande sonore. Certes, cette synchronisation fonctionnerait avec votre bande sonore, mais les fondus et différentes transitions ne seraient pas dans le rythme de la musique. L'exercice n'est pas simple, mais néanmoins très intéressant. Autant vous prévenir tout de suite, il vous faudra recommencer plusieurs fois avant que le rythme soit bon. Le diaporama est aussi une école de patience...

Dans le cas d'un montage argentique, pour l'enregistrement de cette synchronisation, les conseils donnés au sein de l'étape "Enregistrement de la première synchronisation" sont toujours valables.

Une fois que votre synchronisation est au point, chronométrez une nouvelle fois l'ensemble de votre montage et mettez à jour les timing du synopsis, dans le cas d'un montage argentique. Dans le cas d'un montage numérique inutile de chronométrer, mais n'oubliez pas de mettre à jour votre synopsis. Cette fois c'est fait votre synopsis est définitif, conservez le soigneusement. Votre bande son est aussi définitive avec le résultat du mixage sur les pistes 1 et 2 et la synchronisation sur la piste 4 dans le cas d'un montage argentique. En effet on laisse toujours la piste 3 vierge pour éviter les éventuels problèmes de diaphonie, car lorsque les commandes de synchronisation bavent un peu sur les deux premières pistes je peux vous dire que cela perturbe considérablement l'écoute. Il est temps d'effectuer une copie de votre bande son et de la conserver précieusement de côté, en cas de coup dur, ça peut servir.

FINALISATION

Tout est fini ou presque, dans le cas d'un montage argentique il ne vous reste plus qu'à monter vos diapos sous verres, l'article "Mise sous verre" sur vivelediaporama.com traite à fond de cette opération. Puis numérotez toutes les diapos en respectant la normalisation édictée par la Fiap, l'article "Numérotation des diapositives" vous explique en détail comment procéder.

Voilà votre montage est fin prêt pour éblouir les spectateurs. Un conseil, lors de la première projection ne regardez pas l'écran mais les spectateurs, et là, vous saurez enfin si votre montage est bon.

Et puis, pourquoi ne pas faire concourir votre oeuvre dans les festivals, car s'il y a encore des diaporamistes qui font des montages, c'est bien pour que ces derniers soient vus...

En savoir plus sur l'auteur de cet article...

Photophiles.com remercie Gabriel Mermet-Bouvier, auteur de ce cours sur l'élaboration d'un diaporama argentique ou numérique et qui nous a permis de le publier sur www.cours-photophiles.com. Ne manquez pas son site internet www.vivelediaporama.com qui contient de nombreux autres cours sur l'ensemble des aspects techniques et artistiques du diaporama, ni le forum ForumDiaporama@ entièrement consacré au diaporama et réalisé en partenariat avec le site Espace Vision.