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La photographie numérique (IV)

 

Comprendre la photographie numérique

Par Thierry Lombry {nomultithumb}

 

Cet article est la suite de l'article Photographie numérique (III)


Inconvénients des APN et précautions à prendre
Résumons-nous


INCONVENIENTS DES APN ET PRECAUTIONS A PRENDRE

Nettoyage du capteurL'autonomie : Ainsi que nous l'avons expliqué, les APN sont gourmands en énergie. Bien que les réflex utilisent des batteries 3 à 4 fois plus puissantes que les modèles compacts, il est possible de vider une batterie de 2000 mAh en une heure !

Que consomme une image ? C'est pratiquement impossible à déterminer de manière générale car cela dépendant de nombreux facteurs (activation ou non de l'autofocus, de l'AF servo, du flash, du moniteur, son éclairage mais également du système de mesure, du mode d'exposition, de la cadence, de la focale, du format, du type de carte-mémoire, etc). Disons qu'en moyenne une image pourrait consommer entre 1 et 5 mAh.

Pour gagner un peu d'énergie et quelques photos, éteignez donc l'écran lorsque vous ne l'utilisez pas ou mettez l'appareil hors tension. Si vous êtes économe vous allez pouvoir enregistrer jusqu'à 1900 images avec une seule batterie de 2000 mAh. Mais c'est un chiffre théorique correspondant à une utilisation bien précise et répétée dans le temps qui n'est donc pas représentative d'un usage réel. En général les utilisateurs savent que leur accu est chargé et prennent des photos aussi longtemps qu'il le permet. Cela s'étend sur une journée ou une semaine selon leur activité. Peu importe donc la consommation réelle.

La leçon a retenir est d'avoir toujours sur vous au moins une batterie de rechange et chargée (et même plusieurs en vacance) ainsi qu'un jeu de piles crayons ou rechargeables ou un chargeur à connecter sur l'allume-cigare de la voiture.

La batterie : Ainsi que nous l'avons dit, n'utilisez que des batteries sans effet mémoire (Li-ion ou NiMH). Les APN utilisent 1, 2 voire 4 batteries selon leurs performances ou deux fois plus de piles crayons ou rechargeables. Le temps de recharge d'une batterie de 2000 mAh est d'environ 90 minutes mais il peut atteindre 2h15m sur des modèles de grande capacité équipant les APN haut de gamme.

La capacité des cartes-mémoires : La capacité des cartes-mémoires n'est pas illimitée ! Ayez-en toujours une en réserve (et ici aussi plusieurs en vacance) et si possible de grande capacité (quelques GB), sinon au bout d'une heure vous pourrez ranger votre APN jusqu'au retour. Vérifiez toutefois leur compatibilité avec votre APN (FAT32 au-dessus de 2 GB).

Choisissez enfin une carte-mémoire performante, ayant un temps d'accès rapide (Kingston) sinon elle peut pénaliser la prise de vue.

Beaucoup moins cher, Epson, Jobo et takeMS parmi d'autres fabricants vendent également des disques durs portatifs dans lesquels vous pouvez télécharger vos images par une liaison Firewire ou USB. Leur capacité peut dépasser 40 GB pour un prix de 164 € en 2006. L'idéal bien sûr est d'emporter avec vous un ordinateur portable équipé d'un lecteur Firewire pour télécharger les images au retour de chaque excursion ou de reportage.

Le grip d'alimentation : la poignée contenant les batteries améliore la prise en main de l'appareil. Auparavant réservée aux modèles haut de gamme, elle est aujourd'hui proposée avec la majorité des réflex. S'il est optionnel, vous devez choisir le type de grip que vous souhaitez (avec ou sans base) avant d'acheter votre APN sinon vous devrez racheter un autre appareil. En effet la plupart des modèles ne permettent pas d'acheter un boîtier "en kit", sans grip, puis de lui ajouter par la suite la poignée et plus tard encore la base.

La mise sous tension : certains APN (Canon EOS 10D par exemple) mettent plus de 2.5 secondes pour activer le déclencheur après la mise sous tension ! Pour un amateur occasionnel, cela peut-être sans conséquences mais c'est très long quand vous avez éteint l'appareil pour économiser la batterie et êtes surpris par un événement fugace que vous voulez absolument photographier. Généralement vous ratez l'occasion. Quelques APN présentent une mise sous tension très rapide en l'espace de 0.1 à 0.2 secondes (Nikon D50 et D200, Canon EOS 350D et 20D par exemple).

L'autofocus : la mise au point automatique, avec ou sans servo (suivi des objets en mouvements), prend un certain temps. Dans des conditions normales d'éclairage, la durée de mise au point et son verrouillage prennent environ 1/4 de seconde. C'est encore trop long pour photographier un mobile se déplaçant à 50 km/h car durant ce temps il aura parcouru environ 3.5 mètres. Dans des conditions difficiles, sur certains APN le verrouillage peut prendre jusqu'à 1 seconde, le temps que le sujet s'envole ou disparaisse dans les buissons ! Ajouté au temps de mise sous tension, si vous devez chaque fois attendre aussi longtemps avant de réaliser une photographie, faites commes beaucoup de photographes, travaillez uniquement en mode manuel.

Si vous utilisez l'AF servo, veillez à ce que le mode "priorité au déclenchement" (release priority) soit déactivé car cette option a pour effet de prendre une photo dès l'instant où vous appuyez sur le déclencheur sans référence aucune au statut de l'autofocus. Et c'est ainsi qu'on obtient par exemple des images macros floues, une bonne raison de plus de s'en passer.

La taille des images : La taille des images peut-être un inconvénient. Si une image JPEG de 10 Mpixels occupe à peine 6 MB, un APN haut de gamme qui demande 128 MB par image, c'est exceptionnel mais cela existe, ne pourra enregistrer que 125 images... sur une carte flash de 16 GB ! Et que dire des fichiers TIFF deux ou quatre fois plus volumineux ou du format HDR.

Si vous pouvez télécharger de très gros fichiers sur votre ordinateur, vous ne pourrez pas nécessairement les lire. Ce sera le cas si votre ordinateur dispose d'à peine 256 MB RAM et si vous utilisez un logiciel d'une ancienne génération incapable de lire des fichiers d'une taille supérieure à 11 Mpixels ou 7 MB (par ex. Photo Editor proposé avec la suite MS Office). D'autres logiciels heureusement pourront les lire, notamment Adobe Photoshop qui se débrouille avec la mémoire RAM disponible. Mais lui non plus ne fait pas de miracle et s'il doit manipuler dans cet espace mémoire des image de plus de 100 MB en plus de ses propres plugins, il préférera disposer de suffisant d'espace mémoire et donc d'un ordinateur performant. A défaut, attendez-vous à un manque de ressources et des lenteurs d'exécution.

Le taux de transfert : il est important que l'APN supporte un taux de transfert élevé et utilise une carte-mémoire également rapide et un buffer tout aussi performant au risque de pénaliser la vitesse des prises de vues à cadences élevées. Pour des images de 5 ou 6 Mpixels, vous devez disposer d'un taux de transfert d'environ 7.5 MB/sec et supérieure 12 MB/sec à partir de 8 Mpixels. Pour les lecteurs externes, utilisez de préférence une carte-mémoire CF Type I ou Type II dont le temps d'accès sur un bus Firewire externe est inférieur à 2 ms.

Les menus : selon les modèles d'APN, certains menus du moniteur LCD ou TFT sont mieux organisés et plus colorés que d'autres. Cet aspect qui peut paraître secondaire aux yeux de certains à son importance car il apporte de l'ergonomie à l'appareil. Mieux vaut en effet distinguer une sélection au premier coup d'oeil que de se demander quel est l'option choisie parce qu'elle est surlignée d'une couleur sombre plutôt que claire. Même chose pour la taille des caractères.

Certains grands constructeurs ne suivent aucune règle et proposent des menus désordonnées et sombres sur certains modèles d'APN et plutôt bien organisés et très clairs sur d'autres. A vérifier au cas par cas au risque de passer quelques années avec un menu qui vous déplaît.

Le déclencheur : La plupart des APN présentent un temps de retard entre le moment du déclenchement et la prise de vue lié à la technologie du capteur. Ce délai peut atteindre une bonne fraction de seconde. Pour des prises de vues sportives ou de tout sujet rapide, c'est très ennuyeux car vous risquez de rater l'événement. Vérifiez ce paramètre car ce délai est très perturbant et énervant. On peut le considérer comme un inconvénient. Allié au temps de recharge du flash et d'autres petites exaspérations, vous pourriez finalement regretter votre achat. A terme, la technologie Fovéon pourrait supprimer ce délai de réponse.

De la même manière, certains APN d'entrée de gamme ne disposent pas de pose "B" (bulb) permettant de réaliser des expositions de longues durées, leur temps de pose maximum étant limité à 15 ou 30 secondes. D'autres modèles disposent d'une fonction "T" ou de la pose B dans les fonctions du mode manuel.

Les APN n'utilisent plus le déclencheur souple et standard de jadis. La plupart des marques utilisent leur propre standard et vous devez acheter leur propre système de télécommande à fil ou infrarouge.

Enfin, tous les APN ne permettent pas de verrouiller le déclencheur.

Le miroir réflex : Sur certains APN tel de Nikon D200, si le miroir est bien amorti quand il se lève, il est en revanche assez bruyant lorsqu'il se rabaisse, un bruit inopportun que... relèveront les mélomanes durant les concerts ! Une manière de réduire ce bruit est de placer l'appareil dans une sacoche voire sous un vêtement. Mais ce n'est pas toujours faisable. Ce bruit disparaît aussi en mode rafale. A défaut, vous devrez changer d'appareil.

Le zoom numérique : Ainsi que nous l'avons signalé, ne tenez pas compte de la fonction zoom numérique qui, généralement, ne fait qu'agrandir les pixels par interpolation (fonction logicielle) et détériore la qualité de l'image. Désactivez cette fonction et limitez-vous aux performances du zoom optique.

Le flash : si vous choisissez un APN équipé d'un flash intégré, afin que votre optique ne porte pas d'ombre, choisissez un modèle dont le flash se relève très haut au-dessus du prisme. Choisissez également un modèle disposant d'un nombre-guide relativement élevé (20 à 40 pour 100 ISO) pour en tirer tout le bénéfice. Mais idéalement rien ne vaut un flash portatif et déporté de l'axe de prise de vue.

La lumière du jour : La "lumière du jour" d'un APN présente généralement une température de couleur 500 à 800 K inférieure à celle du flash (5800-6000 K). Utilisez dans les mêmes conditions d'éclairement, deux APN différents peuvent donc donner des images plus ou moins colorées.

La balance des blancs : Au sein d'une même marque, les capteurs de deux modèles identiques d'APN peuvent présenter une balance des blancs dont la différence de température de couleur se chiffre à plusieurs centaines de Kelvins. Si toute votre chaîne graphique est calibrée et que le problème persiste dans les conditions contrôlées d'un studio, reste à réétalonner votre APN chez l'importateur sous le couvert de la garantie et exiger la copie du résultat du banc test. Bien sûr vous serez sans appareil durant quelques semaines mais c'est parfois préférable à devoir faire tous les jours les mêmes corrections de couleur sous Photoshop.

La luminosité : Le rendu des scènes prises à contre-jour et notamment les couchers de Soleil demeurent la bête noire des capteurs photosensibles (tant numérique qu'argentique) en raison des différences importantes de luminosité. Faites un essai en photographiant un coucher de Soleil très près de l'horizon au moyen d'une optique offrant un champ de 5 à 15°. Visuellement le disque du Soleil prend une teinte rouge vive absolument remarquable. Je vous mets au défi de réaliser une prise de vue où le Soleil n'est pas surexposé tout en préservant la clarté et les détails de l'avant-plan et sans truquage.

Le Soleil rouge : Tentez l'expérience !

Soleil rouge en numérique

Soleil rouge en numérique

J'invite les photographes équipés d'appareils photos numériques ou argentiques, à photographier un coucher de Soleil rouge rubis (environ 15 minutes avant le coucher civil) dans un champ limité à 5-15° et dans un ciel sans brume (ce qui réduirait sa luminosité). A l'inverse des images présentées ci-dessus, si vous parvenez à préserver sa couleur rouge vive et les détails de la scène sans truquage, envoyez-moi l'image par email accompagnée du fichier EXIF en me décrivant votre technique et le mode d'exposition utilisé. Mais sachez que ce défi est perdu d'avance.

 

Comme le confirma un collègue photographe "ce défi est perdu d'avance en raison de la faible dynamique du capteur". Et de fait, le disque du Soleil sera éventuellement bien délimité mais sa couleur sera blanche, rose-pâle tout au mieux. Même les milliers d'algorithmes du mode matriciel 3D couleur de certains APN et le traitement d'image ne permettront pas de retrouver la couleur réelle du disque car les cellules photosensibles ont été saturées par la luminosité du Soleil comme on peut le voir sur les images présentées ci-dessus et dans cette galerie.

L'amateur qui vous dit le contraire par des arguments techniques n'a jamais fait réellement l'expérience ! Demandez-lui ses photographies et vous pourrez juger sur pièce. A ce jour, tous les amateurs équipés d'APN réflex ou de boîtiers argentiques à qui j'ai demandé de faire l'expérience n'y sont pas parvenus à leur plus grand étonnement; même si le Soleil était auréolé de rose, preuve qu'il était bien rouge, le disque lui-même est resté blanc. En fait seul le nouveau format HDR devrait résoudre ce problème.

Bien sûr la question ne se pose plus si vous utilisez un puissant téléobjectif (cata) ou un télescope qui offre un champ réduit à 1-2°. Dans ce cas le capteur s'adaptera correctement à la luminosité du Soleil et offrira en principe un rendu correct des couleurs. Mais dans ces conditions, il n'y aura plus d'avant-plan, il sera sous-exposé ou il se profilera en contre-jour devant le Soleil; à autres conditions, autres résultats.

Les options de sécurité : Certains APN acceptent d'enregistrer quelques prises de vues alors que vous n'avez pas inséré de carte-mémoire ! Plus étonnant, il est parfois possible de récupérer ces images qui sont restées stockées dans le buffer. Mais cela reste un sérieux problème quand vous vous en rendez-compte sur le comptoir du photographe, au retour de vos vacances...

De même, certains APN acceptent de sauvegarder l'image et n'émette aucun signal d'alarme lorsque le volet d'accès à la carte-mémoire est ouvert.

Par sécurité, activez l'option qui verrouille la prise de vue en l'absence de carte-mémoire. A défaut, lisez bien l'écran, l'appareil vous avertira le cas échéant (avant la prise de vue et au moment de l'enregistrement).

Parmi les autres options de sécurité utiles citons le verrouillage du déclencheur (il empêche d'appuyer sur le déclencheur là où sur d'autres APN il faut mettre l'appareil hors tension), le verrouillage individuel des images (celles qui ne peuvent pas être supprimées) et la mise hors tension de l'APN (la plupart du temps) ou le déclenchement d'une alarme dès l'ouverture du volet d'accès à la batterie ou à la carte-mémoire.

Enfin, ainsi que nous l'avons dit, quand vous êtes au Soleil et n'utilisez pas votre APN, replacez toujours le bouchon sur l'objectif au risque d'assister à quelques accidents fumeux.

L'étanchéité : Méfiez-vous de la poussière et évidemment de l'eau. Les APN munis d'autofocus et de zoom accumulent facilement la poussière et le sable par appel d'air qui finissent par se loger sur le capteur photosensible et dont les traces se retrouvent donc sur les photographies comme autant de petits points noirs. Certaines marques ont essayé d'y remédier, mais ces solutions (ruban collant, couche anti-statique, vibrations, etc) ne sont pas toujours très efficaces ou ne font que retarder le problème. Vous pouvez bien sûr acheter un APN équipé d'un obturateur mécanique. Mais il n'y a pas de miracle. Si vous prenez soi de votre appareil et ne le considérez pas comme un jouet antichoc et amphibie à l'épreuve du vent et des embruns, bref invulnérable, vous éviterez bien des soucis. L'alternative consiste à acheter un APN haut de gamme qui est conçu avec des joints hermétiques.

La compatibilité : si vous disposez d'anciennes optiques de la même marque que l'APN que vous convoitez, vérifiez avant d'acheter votre nouveau boîtier si la compatibilité électrique est assurée et jusqu'à quel point. Les nouveaux APN disposant de système de mise au point et de posemètre très sophistiqués (matrice 3D couleur, i-TTL, etc), ce sont en général ces fonctions qui disparaissent, vous condamnant à utiliser votre ancienne optique en mode manuel ou au-dessus de certaines ouvertures uniquement.

Le poids : La plupart des APN sont fabriqués en alliage d'aluminium ou de magnésium recouvert de plastique ou simplement en plastique hautement résistant (polycarbonate). Le poids de la carrosserie est donc faible.

Même si un APN vous paraît léger, au bout d'une demi-heure de prises de vues il vous semblera déjà plus lourd. Alors imaginez le "boulet" qu'il peut représenter si vous devez réaliser un reportage durant quelques heures avec deux appareils sur l'épaule.

Maintenant tout dépend de votre activité, de l'appareil, de votre corpulence, de la taille de vos mains et de votre habitude. De façon générale, évitez les appareils lourds et encombrants dont le boîtier seul pèse plus de 1.26 kg (Canon EOS-1 Ds), ce qui représente deux fois le poids du Nikon D80 (585 g) et 3 fois celui de l'Olympus E-400 (380 g). Indirectement ce poids se répercute dans une certaine mesure sur la taille de l'APN (voir Ecombrement).

Au poids du boîtier s'ajoute celui des optiques. Si un objectif de 50 mm pèse à peine 150 g, en général une optique discrète ou un zoom, pèse environ 500 g (de 200 à 750 g), sauf évidemment les très longues focales. Au total, un APN muni d'une optique ordinaire pèse environ 1 kg, un haut de gamme entre 1.5 et 2 kg.

On peut aussi juger que le poids n'est pas important si de toute manière vous utilisez la voiture, un trépied ou avez toujours l'appareil en bandoulière ou encore si la technologie prime sur ce détail. C'est une question pratique et de goûts personnels.

A l'inverse du passé où la qualité d'un réflex pouvait se juger au poids de ces éléments métalliques, grâce aux nouveaux alliages cette règle n'est plus valable aujourd'hui. Ne fait-on pas des "plastiques" aussi résistants que du métal (cf les casques) ? Mais on fabrique également des pièces en "fer blanc" aussi fragiles que du plastique. Il faut donc bien étudier la question avec le revendeur et consultez les revues techniques avant achat.

Le poids élevé que présentent certains modèles est avant tout lié à la technologie et aux nombreux éléments mécaniques et électroniques assurant des fonctions protectrices, le traitement d'image et des fonctions annexes. On peut pour ainsi dire que plus un APN est lourd plus il est robuste, sophistiqué et complexe (et donc cher), mais il ne fera pas pour autant de plus belles photos dans des conditions normales. A long terme un appareil lourd (plus de 1 kg pour le boîtier) auquel il faut ajouter environ 1 kg d'accessoires (batterie, optique, grip, etc) peut littéralement devenir pesant et vous décourager de l'utiliser. Une fois de plus, jugez donc son utilité en fonction de l'usage que vous en aurez et non pas par rapport à l'image élitiste qu'il donne.

L'encombrement : Un Canon EOS-1Ds pesant 1.26 kg mesure 2 cm de long, 6 cm de haut et 3 cm de profondeur de plus qu'un Olympus E-400 de 380 g ! Bien sûr ils ne s'adressent pas au même public ni probalement au même sexe (cf le comparatif de Lyra Research publiés sur DPReview). Si vous ajoutez un sac fourre-tout pour y placer tout votre matériel (et l'étui de l'APN si vous l'utilisez seul), deux ou trois optiques supplémentaires (non, le cata restera dehors de même que le trépied !), des accessoires, cela finit par représenter quelques kilos et le volume d'un bagage à main, tout le symbole du photographe en reportage ! Pour le photographe occasionnel, ce n'est même pas imaginable même si chacun aimerait bien disposer d'un telle panoplie.

Le prix de la dépréciation : Le prix d'un APN dépend de ses performances, de la résolution du capteur, des innovations, de la qualité de ses optiques et de son ergonomie et bien sûr de sa marque. Aujourd'hui un APN réflex équipé d'un capteur de 10 Mpixels se vend 850 € avec une optique zoom standard. Mais dans 3 ou 5 ans vous pourrez acheter pour le même prix un 30 Mpixels plein cadre (24x36mm).

Si un APN reste cher à l'achat, contrairement aux appareils photos classiques, il se déprécie aussi vite que du matériel informatique car sa technologie suit la Loi de Moore. Un APN perd déjà 20% de sa valeur dès qu'il est vendu. Au bout de 3 ans il a déjà perdu plus de la moitié de sa valeur ! En l'espace de 5 ans (et même en 3 ans pour certains modèles ayant eu peu de succès), il peut voir son prix chuter de 85% à l'argus ! Non, je ne plaisante pas, c'est même une très mauvaise blague si vous envisagez de revendre votre APN... Mais comme à tout bonheur, malheur est bon dit-on, cette chute vertigineuse des prix fait l'affaire des amateurs peu fortunés ou indécis qui souhaitent acheter un APN sans se ruiner. C'est l'occasion !

Nous reprendrons à la fin de la page suivante quelques sites de petites annonces belgo-françaises consacrées à la photographie. Quant à eBay je vous laisse seul juge de la qualité des vendeurs mais sachez que régulièrement les forums juridiques font état de non respect des accords conclus entre parties, donc prudence.

RESUMONS-NOUS

Le Nikon D300 sorti en août 2007 (1980 € sans optique) vient remplacer le D200 vieux de... 2 ans.
Le Nikon D300 sorti en août 2007 (1980 € sans optique) vient remplacer le D200 vieux de... 2 ans.

- En général un APN compact ou bridge utilise un capteur CCD, un réflex utilise un capteur CMOS ou Fovéon mais il y a des exceptions

- La taille des capteurs des APN réflex est généralement au format APS-C (~23.7 x 15.7 mm), quelquefois "full frame", c'est-à-dire 24 x 36 mm sur certains modèles de milieu et haut de gamme.

- Les capteurs sont sensibles à un spectre de rayonnements généralement compris entre 200 et 1200 nm mais sont bridés (par les optiques et les filtres) à la seule fenêtre visible comprise entre 400 et 700 nm environ.

- Le rapport d'une image numérique est généralement de 3:2 sur les réflex et de 4:3 sur les compacts et les bridges (comme celle des écrans d'ordinateurs).

- Pour un usage ordinaire, le capteur doit présenter une résolution d'au moins 3 Mpixels. De cette manière vous pourrez réaliser des images de 2048 x 1536 pixels et obtenir des agrandissements A4 de bonne qualité, mais pas supérieurs. A usage semi-professionnel, un capteur de 6 Mpixels est suffisant tandis qu'à usage professionnel (photographe d'art, portraits, réalisation de posters, etc) vous devez utiliser un APN dont le capteur offre la plus haute résolution, plus de 10 Mpixels.

- Généralement l'APN dispose de paramètres ajustables concernant la configuration (langue, alarme, cadence des prises de vue, retardateur, verrouillage, débrayage des automatismes) et les prises de vues (résolution, balance des blancs, sensibilité, espace de couleurs, etc) ainsi que de fonctions aussi diverses que les priorités à la vitesse et à l'ouverture, une balance des blancs présélectionnée et manuelle, la fonction macro, l'autofocus, un zoom optique et numérique, un flash, etc. La plupart de ces fonctions sont même disponibles sur les modèles compacts. En complément, il est intéressant d'avoir l'option réduction du bruit, anti-vibrations, le bloquage du miroir réflex en position haute, une prise pour le flash, la télécommande et l'éclairage du LCD

 

Le Canon EOS 5D, 12.8 Mpixels, capteur full frame.

 

- Le grip ou la base d'alimentation s'achète à la commande de l'appareil car ensuite il n'est généralement plus possible de modifier le boîtier

- Un APN dispose d'une sortie USB et supporte les cartes-mémoires CF, parfois SD ainsi que l'interface Firewire.

- Utilisez uniquement un APN tirant profit des batteries Li-ion ou NiMH pour éviter l'effet mémoire

- Disposez toujours d'un jeu de réserve de batteries et de cartes-mémoires ainsi que d'un chargeur de batterie

- Le facteur de grossissement ou de recadrage (crop factor) d'une optique traditionnelle installée sur un APN équivaut à environ 1.5x celui de la même optique installée sur un boîtier argentique, donnant l'impression d'alonger toutes les focales de 50%. Les valeurs de focales indiquées sont les valeurs réelles. Généralement les catalogues ou les revues de produits ajoutent leur équivalent classique (ex. 300 mm, équivalent 450 mm). Pour retrouver un facteur de grossissement de 1 vous devez utiliser des optiques spécialement conçues pour le format de votre capteur, ou ce qui revient au même, utiliser un APN dont le capteur mesure 24x36 mm.

- Une optique zoom ou un téléobjectif doit être le plus lumineux possible (petite valeur de f:) au risque de devenir rapidement inutilisable sans lumière d'appoint dans des conditions de faible éclairement, y compris en macro

- Les mesures d'exposition sont les plus précises en mode matriciel, tandis que la mesure spot est valable pour un sujet isolé

- La netteté des images peuvent être affectée par un traitement interne à l'appareil visant à accentuer le rapport de contraste. Cette option est ajustable sur certains APN de milieu ou haut de gamme (sharpness).

- Le firmware peut-être mis à jour, offrant de nouvelles fonctionnalités à l'appareil.

La révolte des pixels

Voici un titre qui conviendrait à un roman de science-fiction. Nous aurions pu l'intituler pixels contre mégapixels. Tout amateur se demande s'il vaut vraiment la peine d'acheter un APN de plus de 10 Mpixels ou si 6 Mpixels par exemple ne suffiraient pas ?

Depuis la fin des années 1980, les constructeurs se sont fait une guerre farouche en inondant le marché d'APN offrant toujours plus de pixels à prix constant. C'est ainsi qu'en l'espace de trois à cinq ans votre bel APN s'est vu supplanté par un modèle équivalent mais offrant deux ou trois fois plus de pixels, une évolution qui contribua à améliorer la qualité des images.

Nikon D40

En 2006, vendre un Nikon D40 de 6 Mpixels à moins de 600 € avec un zoom AF-S 18-55 mm f/3.5-5.6 G II ED n'est pas une erreur marketing. C'est une stratégie fondée sur un progrès technologique dont bénéficie le grand public.

A présent que l'on fabrique des capteurs de 12 et 16 Mpixels, on constate que les derniers modèles d'APN tel le Nikon D40 sorti fin 2006 ne propose d'un capteur de 6 Mpixels. On peut donc se demander ce qui poussa Nikon à limiter la résolution et si un nombre élevé de pixel est important. En deux mots, la réponse est "non". Ainsi que nous l'avons expliqué nous pouvons obtenir des tirages de qualité au format A4 ou A3 avec 6 Mpixels. Et effectivement, si on considère la cible visée par cet appareil grand public, la critique du Nikon D40 est excellente et il produit des images de qualité remarquable.

A priori on peut se dire qu'essayer de vendre un APN offrant seulement 6 Mpixels, un nombre relativement faible, est une erreur marketing car elle affectera (psychologiquement et négativement) le choix du client. Or il suffit de réaliser des photographies avec cet appareil pour constater que les ingénieurs de Nikon ont respecté leur plan qualité  : offrir une excellente image, aussi fidèle que possible à la réalité. Non seulement le Nikon D40 hérite de la matrice 3D couleur des D1, D2x et D200 qui ont fait le succès de la marque depuis 1999, mais les rendus de couleurs, l'amplitude de la dynamique et le rapport signal/bruit sont excellents, tout cela dans un prix serré inférieur à 500 € sans optique.

Bien entendu ce modèle grand public est bridé comparé ne fut-ce qu'à un D70 ou un D200. Mais ne vous méprenez pas; le public ciblé est tout différent : le photographe occasionnel à qui s'adresse ce modèle n'a pas les mêmes exigences ni le même budget à consacrer à la photographie qu'un passionné. Dans ce contexte, Nikon a gagné son pari et va sans nul doute s'attirer de nouveaux clients.

Fiabilité des APN

On peut regretter que le taux de panne des APN soit tenu secret par les constructeurs alors qu'il concerne un critère essentiel pour les clients potentiels. Même les magazines techniques indépendants y font très peu référence. Quant aux SAV, ils sont avares sur ce genre d'information et ceux qui connaissent les chiffres sont tenus par un soi-disant secret professionnel. Mais cela offre au moins l'avantage au client victime d'une panne dont il n'est pas responsable d'en faire porter l'entière responsabilité au constructeur et d'exiger réparation, d'autant plus si le SAV n'a pas tenu le même langage.

Pour en savoir un peu plus, on ne peut donc que réaliser des sondages en espérant que les lecteurs y participeront et faire attention aux annonces publiées par les constructeurs, et notamment résumées dans les News de DPReview longtemps avant les autres magazines.

APN Nikon

Bas ou haut de gamme, aucun APN n'est à l'abri de quelques "dead/hot pixels". Il ne faut pas trop s'en inquiéter dans la mesure où les convertisseurs RAW peuvent les ignorer (Adobe lightroom, PS CS2, Photo filtre, etc). A défaut ils seront remappés par le fabricant mais le capteur sera rarement remplacé sauf si le problème se répète 4-5 fois durant la période de garantie.

Sur base des quelques sondages que j'ai réalisé sur plusieurs forums, il semblerait que très peu d'APN réflex tombent en panne comparé aux nombre de pannes constatées sur les compacts ou les bridges : sur 66 APN par exemple qui ont été cités et essentiellement utilisés par des amateurs, il y avait 29 réflex partagés à part égale entre Nikon et Canon dont trois haut de gamme Nikon, 27 compacts (Canon, Kodak, Nikon, Minolta, Panasonic, Pentax, Sony) et 10 bridges (Canon, Kodak, Minolta, Olympus). On rapporte 1 réflex en panne (3%) pour 9 compacts (30%) et 2 bridges (20%).

Toutefois il faut bien se dire que les compacts représentent aussi 90% du marché ! Nous avons donc naturellement toutes les chances d'en voir tomber plus en panne dans les mêmes proportions. Et en l'occurrence ce rapport est respecté dans ces sondages. Rappelons également que Canon se réserve 10% du marché suivi de près par Olympus, Kodak, Nikon et Sony. Dans ces sondages Canon présente 3 fois moins de panne que ses concurrents. Mais sans base statistique fiable et un échantillon limité, il ne faut pas interpréter ces faits autrement que pour ce qu'ils sont.

Ce type de sondage reste toutefois intéressant pour avoir un aperçu du genre de panne auxquelles ces appareils sont généralement sensibles. La bonne nouvelle si l'on peut dire c'est que généralement ces pannes se produisent sur des modèles différents et touchent donc indifféremment toutes les marques et différentes catégories d'APN. On peut également constater à travers ces sondages qu'en dehors des pannes, beaucoup d'APN et surtout des compacts nous tombent facilement des mains...

Il ressort de ces sondages que contrairement à ce qu'on pense, si la majorité des APN (tous modèles confondus) sont très fiables et le restent même après 5 ans d'utilisation peu intensive, on constate que ce ne sont pas nécessairement les pièces mécaniques (obturateur, bouton de fonction, déclencheur, volet, etc) qui tombent en panne mais l'électronique (pixels morts ou chaud sur les images, allumage aléatoire, problème de mise hors tension, mauvais contacts électriques, capteur mort ou défecteux, problème de carte-mère, perte d'images dans le buffer, etc), et d'autant plus vite que l'APN est utilisé intensivement (20-50 images/jour durant 2 ans par exemple) ou dans des conditions difficiles (humidité, poussière, etc).

Ces pannes dépendent évidemment de la qualité de l'appareil et de son usage, du climat dans lequel il est utilisé (Sony et Canon ont rapporté officiellement des défaillances liées à l'humidité sur certains compacts) et du nombre de mise sous/hors tension parmi d'autres facteurs. En effet, nous savons tous combien un climat chaud et humide ou au contraire trop froid peut rapidement abîmer un appareil, corroder des pièces, décoler des éléments ou bloquer des mécanismes. Un APN ordinaire fonctionne entre 0 et 40°C, supporte moins de 85% d'humidité et n'est pas hermétique. Vous savez donc d'avance qu'il supportera en principe moins longtemps les rigueurs de la jungle, du désert ou d'un climat polaire. Evitez aussi à tout prix l'eau et le sable, comme la pluie et les embruns salés, sauf évidemment s'il est placé dans un caisson étanche (voir quelques modèles de kits sur Scubaland) !

APN

Parmi les défaillances habituelles citons un faux contact ou une panne d'un bouton-poussoir ou multifonction, y compris du déclencheur ou du bouton de mise sous/hors tension.

Il faut ajouter à ces facteurs, l'effet de la chaleur dégagée par les composants comme les microdrives qui chauffent énormément et affectent très sérieusement le MTBF (temps moyen entre deux pannes qui diminue de moitié tous les 10°), la durée de vie limitée des composants électroniques comme les condensateurs papier, les soudures, des problèmes de conception du capteur ou du moniteur et enfin l'usure des circuits imprimés ou des cables souples qui sont régulièrement pliés et dépliés dans certains appareils.

Notons qu'on parle très peu dans ces sondages des optiques, sauf les rares fois où l'appareil est tombé et fut endommagé. Généralement les optiques sont affectées par l'humidité, des moisissures se développant dans les lentilles dans les pays tropicaux et indirectement par une éventuelle défaillance du système autofocus intégré.

Il faut bien se dire qu'aucun appareil manufacturé n'est jamais à l'abri d'une usure ou d'une panne. Un appareil de milieu ou haut de gamme pourra juste vous garantir être mieux protégé contre les aléas du climat (bien que ses tolérances soient très limitées) et être passé par un contrôle qualité plus sévère qu'un produit d'appel ou de grande consommation.

Enfin, ainsi que nous le rappellerons à propos des APN haut de gamme , il faut aussi relativiser les pannes. Si elles surviennent durant la période de garantie, beaucoup de photographes n'y prêteront pas attention et consentiront même à accepter de multiples pannes tant qu'elles ne leur coûtent pas d'argent. Mais leur point de vue sera tout différent au terme de la période de garantie. A cette occasion il sera peut-être temps de se demander s'il ne vaut pas mieux remplacer l'APN maintenant que d'attendre et subir d'autres pannes qui seront cette fois facturées !

Plaçons à part la fiabilité des cartes-mémoires. Nous avons expliqué précédemment qu'une carte CF était généralement garantie 5 ans et supporte l'enregistrement de 100000 à 1 million d'images, au-delà de quoi le substrat se dégrade. Rappelons qu'en cas de litige suite au mauvais fonctionnement d'une carte, même si la garantie peut éventuellement vous rembourser le voyage, ce dédommagement ne remplacera jamais les photographies peut-être uniques que vous avez réalisées. Pour cette raison et éviter autant que possible tout risque d'erreur hardware, par précaution achetez d'office 2 ou 3 cartes-mémoires et alternez-les. Enfin, faites jouer la garantie à la première défaillance. Au-delà de 5 ans d'utilisation et plus de 100000 images sur la même carte, pensez à la remplacer.

En guise de conclusion

A présent que nous connaissons les points forts comme les points faibles des APN, pour terminer ce tour d'horizon posons-nous quelques questions qui traversent souvent l'esprit du futur acheteur et qui pourraient vous aider à choisir votre réflex. Non pas le modèle untel à tel prix avec telle option, mais la ligne de conduite à suivre pour faire le bon choix.

- Où achetez un APN ? Un appareil photo numérique est un produit sophistiqué qui doit être acheté chez un photographe. Le photographe de votre quartier qui soigne sa réputation vous accordera toujours tout le temps nécessaire pour vous expliquer le fonctionnement d'un appareil et vous donnera le temps de l'avoir bien en main, d'autant plus facilement s'il a la garantie d'aboutir à une vente. Et autant lui dire vos intentions précises tout de suite.

La vente d'un APN réflex qui va souvent de paire avec quelques accessoires est la cerise sur le gâteau du commerçant car elle représente une fraction significative de son chiffre d'affaire. N'hésitez pas à lui demander de pouvoir tester l'appareil ou l'optique durant une heure ou deux, même si certains ne l'acceptent que moyennant dépôt d'une caution, ce qui est tout à fait normal vu le prix de certains appareils.

- Pourquoi achète-t-on un APN ? Un APN est avant tout un outil au service d'un photographe et représente le symbole de sa passion ou plus simplement le moyen de conserver une trace de ses souvenirs ou de ses travaux. L'utilisation d'un appareil photo revête donc différents degrés d'intérêts selon la fonction qu'on lui accorde allant de l'utilité pratique, au confident des instants privilégiés de notre vie, à l'objet d'exception, l'oeuvre d'art technologique, trois valeurs tout à fait légitimes.

Selon l'importance que vous accordez à ces critères et vos exigences personnelles, un amateur occasionnel ne choisira donc pas son APN sur base des mêmes critères qu'un photographe d'art ou un scientifique. Cet aspect des choses peut-être important à considérer lorsque vous consulterez les revues techniques des différents APN (bien qu'en principe elles soient neutres) et surtout les critiques des utilisateurs, leur point de vue étant par nature influencé par leurs connaissances et leur expérience de la photographie.

Comparez les prix :

Amazon - Infomoinscher - Monsieurprix - Nomatica - Pixellium - Rue du Commerce

APN Compact

APN Bridge

APN Réflex

Destiné au grand public

Polyvalence limitée

Prix de 20 à 600 €

Taille et poids réduits

Qualité moyenne

Choix très vaste (~350 APN)

Simple à utiliser

Fonctionnement simplifié

Modes automatique et manuel

Pose B de 15 ou 30 sec max.

Autofocus automatique

Ajustements peu précis

Résolution moyenne

Objectif fixe (zoom)

Capteur jusqu'à 7.2 x 5.8 mm

Technologie CCD (parfois CMOS)

Capteur au rapport 4:3

Peu ou pas d'accessoires

Viseur optique avec parallaxe

Moniteur LCD ou TFT fixe

Capacités photo et vidéo

Visualisation de l'image sur le moniteur avant la prise de vue

Destiné au photographe occasionnel

Polyvalence limitée

Prix de 120 à 1200 €

Taille et poids moyens à élevés

Très bonne qualité

Choix limité (~30 APN)

Nécessite un apprentissage

Perfectionné

Modes automatique ou manuel

Pose B de 15 ou 30 sec max.

Autofocus automatique ou manuel

Ajustements plus précis

Haute résolution

Objectif fixe (zoom), parfois amovible

Capteur jusqu'à 9.5 x 7.6 mm

Technologie CCD (parfois CMOS)

Capteur au rapport 4:3 ou 3:2

Peu d'accessoires

Viseur réflex ou électronique EVT

Moniteur LCD ou TFT orientable

Capacités photo et vidéo

Visualisation de l'image sur le moniteur avant la prise de vue

Destiné au passionné et au pro

Polyvalence presque illimitée

Prix de 500 à 8000 € + optique

Taille et poids faibles à élevés

Très bonne à excellente qualité

Choix moyen (~60 APN)

Nécessite un apprentissage

Simple à très perfectionné

Modes automatique ou manuel

Pose B programmée ou manuelle

Autofocus automatique ou manuel

Ajustements précis à très précis

Très haute résolution

Objectifs interchangeables
Capteur APS-C ou 24 x 36 mm

Technologie CMOS (parfois CCD)

Capteur au format 3:2 (parfois 4:3)

Nombreux accessoires

Viseur réflex optique

Moniteur LCD ou TFT fixe

Capacité photo uniquement

Visualisation de l'image sur le moniteur après la prise de vue

 

- Comment choisir son APN ? Vous devez choisir votre APN en fonction de votre budget, du temps que vous allez consacrer à la photographie, des types de photographies que vous allez réaliser et en tenant compte de la taille des agrandissements souhaités. Evitez de le choisir par rapport à  la marque (sauf si vous disposez déjà d'accessoires de cette marque comme des optiques) ou pour son côté élitiste. Tout cela n'est pas vraiment rationnel.

Choisissez votre APN pour sa qualité, ses fonctions et ses performances. Expliquez tout cela à votre photographe avant d'acheter votre APN car cela aura un impact sur le prix de l'appareil mais également sur l'éventail ou le prix des accessoires disponibles. Notons à ce sujet que certains photographes préfèrent vendre certaines marques d'appareils plutôt que d'autres du fait qu'il présentent une plus grande compatibilité avec les tireuses numériques qu'ils utilisent. Si le principe est louable, on ne peut pas influencer les goûts du client sur ce seul critère.

- Le prix d'un APN justifie-t-il ses performances ? Question difficile car tout dépend de vos critères de sélection. Dans l'absolu, toute option supplémentaire implémentée dans un appareil doit se payer en recherche et développement et se reflète donc sur le prix de vente. Mais si pour vous un agrandissement A4 est le maximum envisageable et des fonctions standards peu sophistiquées, un APN d'entrée de gamme comme le Nikon D50 (436 € en 2006) ou le Canon 400D (663 €) de 5 Mpixels suffit largement. Un photographe d'art en revanche tirera avantage d'un APN offrant 10 ou 16 Mpixels et de ses accessoires hors de prix.

Le prix reste le premier critère dans la sélection d'un APN suivi par la réputation de la marque car elle peut conditionner la qualité et les performances du produit ainsi que l'étendue de la panoplie de ses accessoiress. Mais en aucun cas la marque ne vous garantit la pérénité de votre achat. Il y a de grandes marques qui ont retiré leur APN haut de gamme du marché un peu plus d'un an après l'avoir commercialisé.

Un APN haut de gamme justifie son prix par sa qualité générale, sa robuste, ses innovations et le fait qu'il prend en charge automatiquement de nombreuses fonctions qui font appel à des corrections manuelles ou qui sont absentes sur les modèles bon marché. En principe, dans des conditions de prises de vues difficiles en terme de lumière ou de vitesse, un appareil très sophistiqué comme le Nikon D2XS (4362 €) ou le Canon EOS-1 Ds (6867 €) réalisera de plus belles images (considérant leur netteté et l'équilibre des luminances) qu'un APN d'entrée de gamme aux possibilités de contrôles et d'assistance plus limitées (mais qui, dans l'absolu, est probablement un bon appareil, beaucoup plus sophistiqué que n'importe quel appareil réflex traditionnel).

Ceci dit, même les APN haut de gamme ont leurs limites et utilisés dans les mêmes conditions de prise de vue (et notamment avec les mêmes optiques), ils ne se différencient pas beaucoup des performances des appareils d'entrée de gamme car c'est encore le photographe qui sait quand appuyer sur le déclencheur.

- Choisir un APN grand public ou semi-professionnel. Choisir un APN dans une gamme qui comporte aujourd'hui plus de 430 modèles tous formats confondus dont 10% de réflex et à peine 5% de modèles semi-pros et pros est une tâche difficile.

Pour le photographe amateur, les APN grands publics sont un marché, certes porteur, mais qui par nature ne proposera jamais d'appareils aussi sophistiqués et performants que ceux destinés aux amateurs avertis et aux semi-professionnels.

Si vous souhaitez acquérir un APN réflex de milieu de gamme dit "prosumer" (littéralement un article professionnel destiné au marché des consommateurs), bien que le marché présente un choix plus réduit que celui du marché grand public, il est tout aussi concurrentiel et confus. Mais ici encore, choisissez votre APN en fonction de votre budget et de vos besoins sans prétendre vouloir l'excellence à prix plancher.

Nikon D3 (2007)

Un APN de milieu de gamme coûte au minimum 1500 € sans optique. Et généralement, si vous acceptez de payer ce prix, vous allez naturellement vouloir des optiques performantes, dont le prix est tout aussi élevé. Cela fixe déjà le débat. C'est donc un achat qui ne se décide pas sur un coup de tête en lisant cinq minutes un catalogue. Un APN de cette gamme est un produit de qualité et performant, disposant de nombreuses fonctions automatiques, d'autres ajustables ou d'assistance toujours très appréciées.

La qualité et les performances de cet APN représentent un investissement que vous souhaitez durable et peut-être même rentable, en tous cas apte à vous offrir quelques grands moments de satisfaction. Vous pouvez considérer votre APN de deux manières, soit comme un outil technique que vous voulez maîtriser jusqu'au dernier bit soit comme un appareil photo permettant de libérer votre sens artistique, laissant de côté son aspect technique.

Mais globalement, passer de la photographie amateur occasionnelle à la passion exige que vous ayez de bonnes notions de photographie, un sens artistique et envie de vous investir dans ce hobby.

Si cette méthode est trop rapide pour vous, orientez-vous vers un modèle d'entrée de gamme à moins de 1000 € avec une optique zoom. Vous apprendrez ainsi la technique photo en même temps que vous développerez  votre sens artistique. C'est seulement lorsque vous serez satisfait de votre achat et aurez bien maîtrisé la technique que vous pourrez éventuellement envisager d'acquérir un modèle plus sophistiqué.

- Choisir l'APN à la mode ou pour son prix. Certaines personnes succombent en effet à l'envie d'acheter un APN a priori, sur base de critères subjectifs voire irrationnels difficilement discutables. En matière d'APN, le seul avantage pratique d'acheter le modèle "à la mode", par exemple "l'APN de l'année", est d'avoir la certitude d'utiliser un modèle récent apprécié des critiques et tirant profit des dernières innovations. Mais cela ne signifie nullement que ses performances conviennent à votre usage ni que son prix soit démocratique. Par ailleurs le train de la mode est passager et changera forcément d'opinion l'année prochaine, vous laissant là avec votre appareil "démodé".

Choisir un APN parce qu'il est cher, par snobisme, est un argument absurde qui se retourne tôt ou tard contre son propriétaire. En effet, en principe un appareil haut de gamme devrait mieux résister aux effets du temps comme à ceux de l'environnement mais il ne palliera jamais à l'incompétence d'un débutant comme aux erreurs des professionnels; si le sujet est mal cadré, sophistiqué ou pas, votre bel APN va toujours couper les pieds du sujet ! Comme par ailleurs son utilisation nécessitera un certain apprentissage, s'il émousse votre patience vous finirez par le délaisser pour un modèle plus simple.

En fait on n'achète pas un APN onéreux pour le simple plaisir d'être à la mode ou par snobisme mais pour répondre à un besoin, en principe les exigences d'une passion ou d'un métier. Dans le cas contraire, il est fort à parier que votre bel APN restera dans un tiroir ou ne sortira de sa boîte que 3 semaines par an pour réaliser quelques tirages 10x15. Laissez-le plutôt à ceux qui en ont l'usage.

- Faut-il attendre une baisse des prix ? Attendre une baisse des prix des APN est illusoire car à prix constant il y aura de nouveaux modèles plus performants. Bien que leur dépréciation soit très importante, c'est un très mauvais calcul. Si vous avez les moyens financiers, achetez un APN neuf ou d'occasion maintenant, sans attendre Noël ! En hésitant et en reportant toujours votre décision, finalement vous n'aurez pas d'APN, vous ne prendrez jamais de photos et vous ne pourrez pas partager votre expérience. Achetez-en un aujourd'hui dans votre gamme de prix, vous verrez plus tard si vous avez fait le bon choix. Le jour venu, vous pourrez discuter avec le photographe en connaissant le sujet.

 

Déja dépassé par le D300, le D200 possède un capteur 10.2 Mpxls

 

 

Ceci dit, mieux vaut investir un peu plus d'argent maintenant dans un APN performant que d'acheter un bas de gamme qui ne vous satisfera pas et que vous allez de toute façon revendre pour racheter le modèle qui vous convient. En pensant faire une économie, vous avez en fait perdu plus d'argent que si vous aviez de suite choisi le modèle adéquat.

Quant à la question de sa dépréciation, rappelons que dès le moment où vous avez acheté votre APN, il a déjà perdu 20% de sa valeur et perdra plus de 50% de sa valeur au terme de la troisième année. Sans possibilité de l'amortir, vous n'avez donc aucun intérêt à le revendre à perte, d'autant moins que les composants électroniques sont très fiables (soit ils tombent en panne à la première utilisation soit pour ainsi dire jamais à moins d'être intensivement utilisés).

- Quel APN choisir ? Pour commencer, vous pouvez limiter votre investissement au plafond psychologique de 1000 € sous lequel se trouve aujourd'hui 64% des APN réflex. C'est une réalité commerciale à laquelle adhère la plupart des clients qui, a posteriori, sont satisfaits de leur achat. Mais méfiez-vous car on perce vite ce plafond quand il faut acheter quelques accessoires supplémentaires. Quant aux innovations et ces détails qui font ce "petit plus" des APN ayant une bonne réputation, ils poussent les prix à la hausse et risquent de faire exploser votre budget.

Enfin, n'hésitez pas à consulter les critiques des utilisateurs et les revue techniques des APN, posez éventuellement des questions sur des forums de discussions afin de resserrer votre choix sur quelques modèles. En général, pour des photographies ordinaires et même un peu plus, vous ne serez jamais déçu en choisissant un modèle qui a reçu la faveur du public avec "5 étoiles" ou éventuellement par celui classé "modèle de l'année". Et si en plus il vous plaît, c'est tout bénéficie pour vous.

Bonne chance et faites le bon choix !

Les modèles présentés dans cet article sont donnés à titre indicatif. Les modèles concurrents peuvent apporter des solutions équivalentes. Sauf autre mention, les photographies ont été fournies par les constructeurs.

Retrouvez sur le site de l'auteur une liste de liens pour approfondir le sujet :
http://astrosurf.com/luxorion/photo-numerique10.htm

En savoir plus sur cet article

Pour une lecture plus confortable, l'ensemble de cet article a été découpé sur cours-photophiles en quatre articles distincts dont vous trouverez le détail ci-dessous.

Photographie numérique (I) : Avant-Propos - Fonctionnement d'un APN
Photographie numérique (II) - Le capteur photosensible - Les formats d'images - Le stockage des images
Photographie numérique (III) - L'objectif : grand-angle, zoom et télé - Les mesures de lumière et les corrections d'exposition - Le flash et la batterie
Photographie numérique (IV) - Inconvénients des APN et précautions à prendre - En résumé

Vous pouvez aussi retrouver l'intégralité de cet article sur le site de son auteur Thierry Lombry : http://astrosurf.com/luxorion/photo-numerique.htm

Cet article ne peut être reproduit sans l'autorisation de son auteur Thierry Lombry. Pour toute demande d'utilisation de ses textes ou images contactez le sur http://astrosurf.com/luxorion/index.htm . Visitez aussi la FAQ droit d'auteur de son site.

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Photophiles remercie Thierry Lombry, auteur de cet article Photographie numérique (I à IV). Thierry Lombry est webmaster du site http://astrosurf.com/luxorion/index.htm  sur lequel vous trouverez de nombreux autres documents sur la photographie et l'astrophotographie entre autres. Son parcours atypique et de passionné éclectique est résumé sur sa page biographie http://astrosurf.com/luxorion/biographie.htm