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Raw? Comprendre le format RAW - Comprendre le format RAW page 2

 

La balance des blancs

La prise de vue en format RAW facilite bien les choses en ce qui concerne la prise de vue : oubliez nombre de paramètres (accentuation, contraste, saturation, balance des blancs etc.) et ne tenez compte que de l’exposition (les parties 1 à 3 de cette série montrent bien l’enjeu de la « bonne » exposition) ainsi que de la sensibilité ISO. La balance des blancs pourrait être ajustée au sein de votre logiciel de conversion, mais pour votre confort, et surtout avec le but d’alléger votre travail, je vous conseille de l’effectuer lors de la prise de vue…

Canon EOS 1Ds, EF 2/100 USM, balance des blancs : lumière du jour

Les photographes ayant déjà travaillé en argentique connaissent la notion de température de couleur. La plupart de sources de lumière ne sont pas composées d’un blanc à 100% et possèdent une certaine température de couleur, exprimée en degré Kelvin. Cette valeur décrit le spectre de lumière émis par un « corps noir » possédant cette température de surface. Un corps noir est un objet absorbant toute lumière incidente. Pour trouver un exemple illustrant ce propos, on pourrait chauffer un objet en métal ou en pierre, l’objet devient d’abord « rouge » lorsqu’il atteint une température donnée, puis « blanc »…
Dans la photographie argentique, on utilise des films de type lumière du jour, équilibrés à 5500 °K, ainsi que des films tungstène de type A (3200 °K) et plus rares, type B (3400°K). Ci-joint les valeurs des sources de lumières les plus répandues :

Habituellement, notre œil et notre cerveau compensent des variations de température de couleur et nous laissent facilement oublier cette problématique tant redoutée des photographes. Ces derniers jonglaient souvent à l’aide de filtres correcteurs de type Kodak Wratten pour trouver un bon compromis lorsque plusieurs sources et types de lumière furent de partie. Bien que cette pratique rigoureuse (thermocolorimètre + filtres CC) puisse être employée dans la photo numérique, les appareils numériques nous facilitent bien les choses et offrent davantage de souplesse. Tous les appareils proposent en effet plusieurs préréglages permettant d’effectuer la balance des blancs dès la prise de vue. Les icônes utilisées sont devenues standard :

  L'appareil règle la balance des blancs automatiquement, selon des algorithmes qui agissent habituellement entre 3000 et 7000 °K.
  Ce réglage est valable pour es photos en "lumière du jour", par beau temps. Il correspond à une température entre 5200 et 5500 °K.
  Lorsque vous prenez des photos à l'extérieur et à l'ombre, ce réglage s'avère utile puisqu'il élimine une dominante bleue provoquée par la reflexion d'un ciel bleu. Environ 7000 °K.
  Ce réglage s'apparente à l'emploi d'un filtre de style 81- il réchauffe les couleurs légèrement et se prête à des photos prises sous un ciel nuageux, brumeux. Environ 6000 °K.
  Lorsque vous prenez des photos sous un éclairage tungstène, ce réglage annule la dominante orangée habituelle. Environ 3200 °K.
  Réglage passe-partout pour des éclairages fluorescents, il ne parvient pas toujours à corriger les dominantes générées par ce type d'éclairage difficile. Environ 4000 °K.
  Proche du réglage "lumière du jour", le réglage flash est particulièrement adapté à l'emploi des flashs de type cobra, légèrement plus "froids" (environ 6000 °K)
  "K" pour Kelvin. Vous pouvez choisir via ce réglage manuellement une température de couleur précise, d'habitude entre environ 2800 et 10000°K.
  La balance des blancs manuelle permet un ajustement le plus précis possible via une photographie d'une charte de référence grise (Feuille blanche, ou mieux, QP Card ou charte Colorchecker).

Après avoir pris connaissance de ces préréglages divers et variés, on se pose bien évidemment la question du préréglage à adopter :

  • Fuyez d’abord la solution « tout automatique » qui réussit ou pas selon le sujet et le cadrage choisi. Tout algorithme automatique a ses limites et la balance des blancs automatique fonctionne plutôt bien lorsque votre image dispose d’une plage de référence en gris neutre, sinon elle peut aussi bien échouer lamentablement ! Autre inconvénient de ce réglage : selon le cadrage choisi, il peut y avoir d’importantes dérives entre les photos d’une série. Cela vous fait perdre un temps fou lors du traitement de vos images brutes.
  • Vu les possibilités d’ajustement au sein de votre logiciel de conversion, on pourrait complètement sécher le réglage de la balance des blancs à la prise de vue d’autant plus que ce réglage nous détourne de notre sujet. Mais cette décision s’avère mauvaise, lorsque vous ne disposez point de plage de référence dans votre image – difficile alors d’établir une balance des blancs cohérente lors du développement de votre fichier RAW.
  • Si vous possédez un gris ou blanc de référence, vous pouvez adopter un réglage aussi proche que possible de la température de couleur de votre source d’éclairage principale (par exemple « lumière du jour » pour des photos en extérieur). Il sera alors facile de peaufiner le réglage de départ dans votre logiciel de conversion, toutes les photos d’une série possèdent une dérive identique.
Canon EOS 1 Ds, EF 4/70-200 L USM, lumière du jour
Canon EOS 1 Ds, EF 4/70-200 L USM, réglage "Tungstène"
  • La dominante de certaines sources disposant d’un « spectre atypique » (certains éclairages fluorescents) ne peut pas être corrigée avec les moyens dont nous disposons. Mais le fait de travailler en format RAW permet de s’approcher d'une représentation visuelle acceptable sans infliger au fichier une perte de qualité.
  • Surexposez les images prises dans une lumière tungstène. De telle façon vous éviterez un moutonnement assez important dans les ombres, phénomène déjà visible dans la photographie argentique.
  • Les résultats sont souvent meilleurs, car plus chaud pour la photo au flash électronique lorsque vous choisissez le réglage « lumière du jour » à la place du réglage dédié.
  • Un mélange de plusieurs sources de lumière mène encore souvent au tâtonnement. Réglez votre appareil sur la température de couleur de la source prédominante et effectuez ensuite un réglage fin dans votre logiciel de conversion.
  • Photographiez idéalement une charte grise de référence lors de chaque commencement d’une nouvelle séquence de prise de vue et enregistrez un réglage personnalisé. Ainsi, vous obtenez le summum en matière de balance des blancs ! Cette méthode est évidemment possible à la prise de vue et dans votre logiciel de traitement...

Parmi les chartes existantes, il convient d'en choisir une qui permette de remplir le champ de la visée facilement ce qui favorise les chartes de taille confortable du style Kodak Grey Card, Lastolite Ezybalance, etc. Si vous voulez effectuer la balance des blancs ultérieurement, vous pouvez également choisir les petites chartes du type QP Card ou Ref Card, qui ont l’avantage d’être moins onéreuses, jetables et autocollantes. Dans tous les cas, évitez la sous-exposition de la charte (surexposez donc légèrement en cas de doute) pour ne pas générer du bruit pouvant tromper l’outil pour la balance des blancs – les pixels colorés du bruit chromatique simulent en fait une dominante colorée, inexistante !

   
Trois chartes grises : Ezybalance (à gauche), Colorchecker (milieu) et QPCard (à droite)

 

Suivez pour la création d'une balance des blancs personnalisée les indications du mode d'emploi de votre appareil photo numérique, je vous indique ci-dessous la procédure une fois l'image importée sur votre disque dur.

L'information concernant la balance des blancs est enregistrée par votre appareil parmi les métadonnées de votre fichier RAW. En principe, tout logiciel capable de lire ce fichier RAW spécifique devrait être capable de l'interpréter correctement, mais parfois ce n'est qu'un voeu pieux. Certaines métadonnées sont encryptées par le fabricant pour empêcher une compatibilité entière avec les logiciels de conversion tiers. L'exemple le plus connu, qui a provoqué de vives critiques en 2005 est le cryptage des données à l'intérieur du fichier NEF des appareils Nikon D2X, Hs et D50. Mais ne nous voilons pas la face, Nikon n'est point le seul fabricant ayant recours à ce genre de mesures anticoncurrentielles, Sony, Canon et Phase One en font également partie. Quoi qu’il en soit, les logiciels répandus sont tous capables de détecter la balance des blancs enregistrée au moment de la prise de vue et de l’afficher correctement.

La charte Colorchecker est intéressante pour tous ceux qui souhaitent exercer un contrôle sur les couleurs non seulement pour la balance des blancs, mais également sur la restitution des couleurs d'un sujet. Bien exposée, la plage no.20 (Neutral 8) située à droite de la plage blanche (no.19), se prête parfaitement à la balance des blancs dans Camera Raw ou dans un autre logiciel de conversion. Du fait qu'elle est plus claire que le gris moyen (plage no.22) exclut l'influence du bruit, plus marqué dans les zones sombres d'une photo. L'exemple suivant démontre son intérêt :

Du fait de sa position dans l'ombre d'un arbre et de l'absence d'un gris de référence, ce monument ne pouvait pas être neutralisé en utilisant un des préréglages de l'appareil. J'ai fait une prise de vue de la charte Colorchecker, puis neutralisé l'image à l'aide de la pipette de Camera Raw (plage no.20). J'ai ensuite sélectionné la série d'images à l'intérieur de Bridge et y appliqué la balance des blancs (Conversion précédente).

Voir l'image suivante pour apprécier la différence des rendus :

Version normale Version neutralisée

Les logiciels de conversion performants intègrent tous un dispositif pour neutraliser une, puis toutes les photos d'une série. Cela vous évite de recourir à une manipulation de chaque image. L'exemple suivant montre la correction d'une série d'image avec Camera Raw/Photoshop CS2

  • Séléctionnez les images à traiter dans Bridge et ouvrez-les dans Camera Raw ( Ctrl./Cmd+R).

  • Ajuster la balance des blancs sur une image à l'aide de la pipette (raccourci I).
  • Sélectionner toutes les images.

  • Appliquez ensuite la balance des blancs à toutes les images séléctionnées.

  • Le menu qui s'ouvre ensuite vous permet de choisir les paramètres à appliquer :

Un autre exemple :  
Version normale Version neutralisée
Ce portrait spontané a été pris sans charte grise et avec le régage Lumière du jour. Pour trouver le gris de référence (le papier peint n'était pas neutre), j'ai cliqué avec la pipette dans le blanc de l'oeil de ma fille Héloïse. Mais attention, le fond de l'oeil d'un bébé possède toujours une dominante bleutée - il faut donc prendre plusieurs échantillons avant de trouver une balance des blancs convenable.

Le choix de la balance des blancs appropriée demeure souvent bien plus qu’un choix purement technique. Souvent cette décision est guidée par des critères esthétiques et artistiques. Évitez donc de tomber dans l’excès et laissez-vous guider par votre instinct et votre fibre artistique. Certes, une photo publicitaire doit respecter les couleurs d’un produit, mais toutes les autres disciplines de la photo peuvent s’affranchir d’une précision au scalpel pour embellir la force d’une image…

Format RAW et bruit numérique

La notion du « numérique » laisse toujours supposer une qualité optimale, pure : la qualité du son numérique ne se dégrade pas avec le nombre de fois que vous l’écoutez, un fichier numérique peut être enregistré plusieurs fois et retrouve néanmoins sa qualité de reproduction initiale. Mais l’image d’un appareil numérique est générée par une composante non numérique : l’imageur CCD ou CMOS. Ce dernier est composé d’une matrice de capteurs, les photosites, qui recueillent la lumière dont les photons provoquent la création d’une charge électrique. Cette charge électrique est ensuite transformée, via l’emploi d’un convertisseur A/D (analogique vers digital), en pixels constituant une image monochrome. Tout signal de base est toujours accompagné d’un certain nombre de parasites qui deviennent gênants lorsque le signal devient faible : la proportion du bruit dans le signal augmente et superpose une structure aléatoire de grains colorés à l’image : le bruit numérique.

Canon EOS 5 D, 4/24-105 L IS USM, 1600 ISO

Chaque appareil numérique génère une certaine quantité de bruit et ceci même dans les conditions les plus favorables : exposition "à droite" et sensibilité de base. Le niveau de bruit d’un appareil croît lorsque les conditions de prise de vue se dégradent. Nous pouvons alors constater les phénomènes suivants :

  • Le bruit (ou courant) d’obscurité. Il est engendré par la création des électrons parasites contaminant les électrons réellement utiles à la création d’une image. Cette création de parasites est d'autant plus forte que la température du capteur est élevée. Ce type de bruit est particulièrement gênant lors des conditions de prise de vue en pose lente (à partir d’une seconde) ce qui amène souvent les fabricants à songer à une solution de ventilation (dos numériques) ou la superposition d’une deuxième prise (dark frame) pour faire disparaître les « pixels chauds » (hot pixel) aléatoires.
  • Le bruit provoqué par une amplification du signal. Un capteur ne possède qu’une seule sensibilité nominale. Cette sensibilité est habituellement égale à la sensibilité la plus basse proposée par l’appareil photo numérique. Lorsque vous augmentez la sensibilité ISO de votre appareil, vous « poussez», amplifiez le signal tout en augmentant le bruit. Ce bruit d’amplification est d’autant plus marqué que votre capteur est petit. Bien que les fabricants commencent à proposer des appareils compacts munis de micro capteurs de 10, voire 12 mégapixels, le gain de qualité d’image n’est pas du tout évident. Certes, en théorie vous obtenez une image plus fine, avec davantage de détails – mais ce gain théorique est systématiquement annihilé par le pouvoir de résolution de l’objectif, insuffisant, ainsi que la montée de bruit qui contraint les fabricants à appliquer des algorithmes de lissage qui minimisent le bruit tout en détruisant les détails fins de l’image. L’idéal est donc de disposer d’un capteur d’une taille aussi grande que possible pour avoir un rapport signal/bruit plus favorable. Ainsi l’utilisation d’artifices logiciels pour corriger le bruit reste raisonnable et les détails sont préservés !
  • Le bruit « banding » est un défaut qui affecte certains appareils dans certaines conditions de prise de vue, pas nécessairement aux sensibilités élevées, produisant des bandes particulièrement gênantes lorsqu’on éclaircit les ombres d’une image. Des appareils concernés sont par exemple les « vétérans » Canon 1D et Nikon D1/D1X ainsi que le plus récent Nikon D200.

Les appareils compacts numériques ont fait des progrès considérables pour la suppression du bruit. Néanmoins, le premier exemple, pris avec un Fuji S9500 démontre la supériorité écrasante des appareils reflex numérique à 1600 ISO : les appareils Nikon D200 et Canon EOS 5D bénéficient d’un niveau de bruit inférieur et cette différence est très sensible ! Une comparaison des plages prises avec les deux appareils reflex soulève une autre problématique. La plage du D200 paraît bien plus lisse, malgré la taille inférieure du capteur. Mais attention, lissage du bruit n’égale pas qualité d’image : les photos prises avec le S9500 et à moindre mesure avec le D200 sont entachées d’une perte de détails importante ! Impossible alors de parler d’autre chose que d’une bouillie de pixels, les images adoptent un aspect aquarelle….


Bruit et aplats avec un Nikon D200 et 1600 ISO (à gauche) et un Fuji S9500 à 400 ISO (à droite), format d’enregistrement JPEG. Comparez avec un négatif couleur scanné et vous constaterez que le bruit n'est que rarement gênant avec nos appareils récents...

Nous l’avons déjà évoqué : les fabricants intègrent des algorithmes de plus en plus élaborés pour diminuer le bruit du capteur. Ces processeurs de signal numérique (DSP) s’appellent par exemple DIGIC II (Canon), Venus Engine III, Sensic (Nikon) et oeuvrent au service des fichiers d’image développées dans l’appareil. Seuls les fichiers JPEG et TIFF sont concernés par une amélioration souvent spectaculaire, les fichiers RAW dépendent de leur logiciel de conversion, qui est lui équipé d’outils d’une efficacité incertaine. Mais l’avantage du format RAW est sa souplesse. Vous n’êtes plus l’esclave d’un algorithme appliqué "à l’aveugle" lors de la conversion interne de l’appareil, mais pouvez au contraire choisir l’outil le plus approprié adapté à vos besoins ainsi que trouver le bon compromis entre la perte des détails et la texture du grain admise. Sachez une chose : comme toutes les corrections d’image, la suppression du bruit gagne à être effectuée sur un fichier riche en informations tel le fichier RAW, il est ainsi conseillé d’utiliser les outils mis à disposition par votre logiciel de conversion RAW et non pas ceux fournis par Photoshop.

Le bruit d'une image peut même devenir très agréable : Cet exemple en provenance d'un Canon EOS 1Ds employé à sa sensibilité la plus élévée ( 1250 ISO) le prouve : la simulation du grain d'un film noir et blanc 400 ISO est finalement assez réussie !

Puisque nous parlons des logiciels de conversion les plus répandus, tous ces logiciels (sauf ceux, non commerciaux, basés sur les algorithmes dcraw de Dave Coffin) disposent des outils pour combattre le bruit numérique. Une partie de la correction apportée est ancrée au sein des algorithmes de dématriçage et reste donc inaccessible aux manipulations de l’utilisateur, l’autre partie est pilotée par les outils du logiciel. La philosophie apportée par chaque éditeur fait que les fichiers RAW développés par chaque logiciel diffèrent énormément sur le bruit résiduel et la netteté des petits détails. Phase One et Pixmantec, par exemple, ont adopté un lissage bien marqué pour leurs logiciels Capture One et RAW Shooter, qui est loin de faire le bonheur de tous les utilisateurs : le lissage apporte une texture parfois peu naturelle de l’image dématriçée, tout en nettoyant bien le bruit. Iridient Raw Developer et Camera Raw produisent des images plus granuleuses, plus proches de l’aspect d’une image argentique.
Il est d’ailleurs de plus en plus courant d’intégrer de puissants algorithmes de correction basés sur des profils élaborés pour chaque appareil photo numérique et exploitant les données EXIF de nos fichiers RAW. DxO Optics Pro, le logiciel de conversion et correction de la start-up française DxO Labs, en est un très bon exemple. La société vante un gain d’environ 2 diaphragmes pour l’apparence du bruit (une image prise à 1600 ISO ressemble après correction à une autre prise à 400 ISO du même appareil). Bien que cette amélioration soit bien réelle, les algorithmes de DxO (et du couple Bibble/Noise Ninja) ont tendance à trop lisser les image s- pour préserver la netteté d’une image, il faut modérer les réglages par défaut !

Nikon D200
3200 ISO
Nikon Capture
4.4
Nikon D200
3200 ISO
Nikon Capture
NX 1.0 bêta 3

La comparaison des deux graphs extraits d'une analyse d'une charte Kodak Q-13 prouve qu'une nouvelle version de logiciel, même aussi révolutionnaire que Nikon Capture NX, ne modifie pas toujours les algorithmes de suppression de bruit, déjà excellents avec la version précédente Nikon Capture 4.4. Les résultats sont sensiblement identiques...

Puisque vous travaillez encore dans un espace linéaire, la correction du bruit est potentiellement moins destructrice pour la qualité d’image (n’oublions pas que chaque intervention sur une image dégrade irrémédiablement sa qualité, même si cette dégradation demeure souvent invisible) puisque les ombres ne sont pas encore délinéarisées et donc exempte de banding…Tâchez donc de traiter le bruit aussi tôt le fichier RAW importé et affiché par votre logiciel de conversion !

Les outils que nous offrent les logiciels modernes conviennent parfaitement pour produire des images plus fines que l'argentique et cela même avec des appareils numériques dépassés :

Canon D60, EF 1.4/50 USM, 1000 ISO, fichier RAW développé avec ACR 3.4, Lissage de la luminance 2, Réduction du bruit de la couleur 25.

Stratégies pour minimiser le bruit

Les stratégies suivantes vous permettront de tirer le meilleur de votre appareil :

  1. Désactivez le réglage automatique de la sensibilité ISO. Cet automatisme, bien qu’utile dans certaines situations, augmente la sensibilité ISO pour faire face à un manque de luminosité, et cela souvent trop tôt, sans exploiter les possibilités offertes par le couple diaphragme/vitesse.
  2. Utilisez de préférence un trépied photo ou un objectif plus lumineux. Un objectif « standard » du type 1.8/50 mm fait des miracles lorsque la lumière manque et fournit de bien meilleurs résultats qu’un zoom transstandard combiné à une sensibilité ISO élevée. En plus, les objectifs de ce type ne sont guère onéreux…
  3. Employez l’"exposition à droite". Cette méthode minimise le bruit dans les ombres, là, ou le phénomène est le plus marqué.

En savoir plus sur l'auteur de cet article

Photophiles.com remercie Volker Gilbert , auteur de cet article écrit à l'occasion du lancement de son livre Développer ses fichiers RAW, et qu'il nous a gentiment permis de reproduire à l'intention des lecteurs de Photophiles. Volker Gilbert a travaillé pendant quelques années comme photographe professionnel dans les domaines de la mode, du portrait et des photos de voyage. Il est actuellement spécialiste photo numérique dans un grand magasin photo professionnel, et travaille à la rédaction d'un ouvrage sur la Gestion des Couleurs qui devrait voir le jour prochainement. Retrouvez ses images, articles, cours et tutoriaux sur son site http://www.volkergilbertphoto.com.
A lire aussi sur cours-photophiles l'article du même auteur : Gestion des couleurs : les espace de travail.

Développer ses fichiers RAW (2ème édition)
Par Volker Gilbert
Entièrement remis à jour à l’occasion de cette 2e édition, ce premier livre dédié au format RAW est loin d’être un simple manuel technique des logiciels de conversion les plus répandus (Camera Raw, Lightroom, Capture One, Bibble, Canon DPP, Nikon Capture NX…). En traitant notamment de notions indispensables pour maîtriser la prise de vue, de gestion des couleurs et du traitement des images, il a avant tout pour ambition d’apporter des solutions efficaces aux problématiques des photographes – professionnels ou amateurs – soucieux de la qualité de leurs photos.
Quand et pourquoi faut-il travailler au format RAW ? Peut-on parler de « négatif numérique» ? Quels sont les traitements à effectuer sur les fichiers RAW au préalable à la conversion ? Quelles retouches faut-il au contraire réserver au post-traitement sous Photoshop ?… À travers de nombreuses études de cas concrètes, très illustrées et détaillées pas à pas, cet ouvrage vous accompagnera à la découverte de techniques et de savoir-faire indispensables pour améliorer la qualité et le rendu de vos images.


Au sommaire
Comprendre le format RAW. Pourquoi choisir le RAW ? • Implications sur votre manière de travailler • Pérennité des formats bruts Bien choisir son logiciel de conversion. Les critères de choix • Camera Raw • Bibble • Capture One • Canon DPP • DxO Optics Pro • Lightroom • Nikon Capture NX • Raw Shooter • UFRaw • L’avenir du traitement RAW La prise de vue au format RAW. La sensibilité ISO • L’exposition • La balance des blancs Soignez vos couleurs. Les espaces couleur • Les espaces de travail • Étalonner votre système Au Travail ! Ajuster la balance des blancs avec Camera Raw, avec DPP • Ajuster l’exposition avec Camera Raw, avec Capture One • Afficher vos couleurs avec Camera Raw, avec Capture One, avec Photoshop • Optimiser luminosité et contraste avec Camera Raw, avec Bibble, avec Photoshop • Recadrer et redresser vos images avec Camera Raw, avec RSP • Éliminer le vignetage avec Camera Raw, avec DxO • Éliminer la distorsion optique avec Bibble, avec DxO, avec Photoshop • Corriger l’aberration chromatique avec Camera Raw, avec Bibble, avec Photoshop • Modifier le nombre de pixels avec Camera Raw, avec RSP, avec Photoshop • Passer en noir et blanc avec Camera Raw, avec Capture One, avec Photoshop • Réduire le bruit avec Camera Raw, avec Nikon Capture NX, avec Photoshop • Quand faut-il accentuer ? • L’accentuation avec Photoshop Bridge et Camera Raw. Lancer Bridge • Interaction avec Camera Raw • iView Media Pro Scripts et commandes d’automatisation.

Code éditeur : G12083
ISBN : 978-2-212-12083-7
Prix : 36 euros
Conception couverture : Nord Compo – Photos de couverture : Volker Gilbert

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Volkert Gilbert proposer sur son site cet article sous formes de cinq fichiers à télécharger au format pdf :
Comprendre le format RAW (1)
http://volkergilbert.free.fr/Comprendre%20le%20format%20RAW-1.pdf
Comprendre le format RAW (2) :
http://volkergilbert.free.fr/Comprendre%20le%20format%20RAW-2.pdf

Comprendre le format RAW (3) :
http://volkergilbert.free.fr/Comprendre%20le%20format%20RAW-3.pdf

Comprendre le format RAW (4) :
http://volkergilbert.free.fr/Comprendre%20le%20format%20RAW-4.pdf

Comprendre le format RAW (5) :
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